On va sûrement en oublier et on y reviendra, mais après avoir abordé les principaux cadres de la Nouvelle Humanité dans le monde du 23ème siècle de Singularités, abordons, dans cette 8ème et dernière partie, les petits détails qui ont leur importance pour voir un peu à quoi ressemble cette société.

Santé, natalité & espérance de vie

La Nouvelle Humanité se porte relativement bien, dans son ensemble, malgré une planète plus chaude et notoirement plus hostile que la Terre du 21ème siècle. L’espérance de vie moyenne pour les humains vaccinés contre l’Hexenkunst est de 115 ans, avec une assurance de vie en bonne santé d’environ 90 ans. Pour les gens qui ont été contaminés par l’Hexenkunst puis en ont guéris, cette espérance grimpe directement à 140 ans avec une assurance de vie en bonne santé d’environ 110 ans.

Cependant, si l’une des séquelles de l’Hexenkunst est l’accroissement de la durée de vie des personnes affectées, il y en a un autre plus grave : l’infertilité. La moitié de l’humanité est concernée et le phénomène s’est amplifié au long des trois pandémies du 22ème siècle. Ceci dit, l’infertilité n’est pas la stérilité, mais une complication avec de faibles chance de concevoir un enfant. Ainsi, les humains concernés peuvent-y arriver à procréer, mais non sans mal ; l’intervention de la médecine, via la fécondation in vitro principalement mais aussi les techniques de procréation extracorporelle, est alors souvent nécessaire.

Au 23ème siècle, on compte 2,7 milliards d’êtres humains. C’est peu, mais il faut compter qu’à la fin du 21ème siècle, il en restait moins d’un milliard. Les politiques de natalité sont un peu une constante politique que l’on retrouve partout, pour encourager les gens à faire des enfants ; c’est par exemple l’une des causes de la généralisation du Dividende Universel. Le taux de natalité moyen au 23ème siècle s’équilibre à peu près à 2,2 enfants pour une femme avec un équilibre qui s’établit à environ 99 mâles pour 200 naissances. À noter que comme les couples de parents ne sont plus nécessairement des couples homme/femme et, qu’au sein de l’UNE, les parents célibataires (quel que soit leur genre) ne sont un problème pour personne, la question de la reproduction fait souvent intervenir la science pour un coup de main.

La santé est un sujet particulièrement vital au 23ème siècle : non seulement parce que le 21ème siècle a décimé l’humanité, mais aussi parce que l’état du monde n’a pas miraculeusement cessé d’être hostile au 22ème siècle. L’Hexenkunst n’est que la pire série des pandémies du dernier siècle ; il y en a eu d’autres, sans oublier les conséquences sur la santé des pollutions et des changements climatiques hérités du 21ème siècle. Et même coloniser l’espace dépend fortement de moyens de contrôle sanitaires et d’une médecine performante et véritablement nouvelle.

Et cette médecine nouvelle se nomme la médecine régénérative ; en gros, cette technologie médicale se concentre sur la capacité des organismes à pouvoir reconstruire ou réparer leurs fonctions défaillantes à travers une maitrise étendue de la génétique, du clonage et des cellules-souches multipotentes. On ne va pas se perdre en explications détaillées, mais cette médecine permet d’endiguer la plupart des affections les plus graves, cancers et maladies cardiovasculaires en tête. Et elle peut même faire repousser des organes et des membres ! C’est ce qui permet ce que l’on nomme l’autogreffe.

Dans tout ce panel médical, la cyber-technologie est essentiellement employée comme solution temporaire d’urgence. Mais l’explosion des biotechnologies offre la possibilité de construire littéralement l’ensemble du corps d’un être humain de manière artificielle, créant ce que l’on nomme la biocybernétique, qui mêle systèmes technologiques et biologiques de manière intime. Le gros avantage de ces technologies médicales est de produire des organes et membres totalement compatible avec la biologie humaine, avec un minimum de rejet, que ce soit pour des causes physiologiques ou psychologiques. C’est d’ailleurs sur tout cela qu’est bâtie la technique de création des cyborgs de troisième génération.

Ceci dit, pour les amoureux des augmentations façon « surhomme » et des trucs cybernétiques, la Nouvelle Humanité en est revenue depuis la moitié du 22ème siècle, après une belle série de drames, de guerres et d’accidents : si cela existe toujours, ce n’est plus à la mode. On en use désormais de manière limitée et réglementée ; la plupart des gens préfèrent s’en passer et ceux qui en rêvent doivent se contenter d’augmentations limitées et coûteuses. Il n’y a guère que le mouvement des Shangtis, et leur mode de procréation par modification génétique, à considérer encore que les augmentations biocybernétiques sont désirables et méritent de s’y attarder.

Sexualités

Comme on l’a dit, causer de sexe à table entre amis est désormais commun. L’éducation sexuelle fait partie intégrante du cursus scolaire des enfants. L’homosexualité est une sexualité comme les autres et les couples homosexuels ne choquent plus personne ; d’ailleurs, ils ont des enfants comme tout le monde. Quant à la bisexualité, c’est presque une norme qui concerne un tiers de la Nouvelle Humanité. Les transgenres en général, eux aussi, bénéficient de cette évolution. La plupart des systèmes de protection de santé des nations de l’UNE incluent une réassignation de genre couverte par la sécurité sociale, avec un minimum de suivi médical complet, histoire d’éviter les erreurs de diagnostic.

Parmi ce qui ne choque plus guère en termes d’habitudes, on peut compter la nudité, les relations multiples ou encore les jeux érotiques et sexuels variés ; bon, il y a des limites et, de manière universelle, la pédophilie, elle n’a de place nulle part. La notion de consentement est elle aussi un élément vital de la vie sexuelle et tout le monde tend à s’y tenir : pas de cul sans que les deux parties aient totalement et clairement donné leur accord quant à l’activité sexuelle en question. Et, par définition, toute personne de moins de 16 ans ne peut donner son consentement éclairé à toute activité sexuelle. Bien sûr, il y a des nuances, des variations légales de nation en nation et même l’UNE n’a pas toujours des lois claires sur le sujet.

On pourrait entrer dans le détail des sexualités du 23ème siècle, mais on en apprendrait pas grand-chose de révolutionnaire, mis à part que l’être humain, à ce sujet, a autant d’imagination que dans l’art de tuer son voisin. Oui, il y a des robots-dolls très réalistes ; oui, il y a tout un pan de la sexualité qui concerne les relations intimes virtuelles dans les univers SIRM ; oui, il a fallu un peu repenser et imaginer comment faire l’amour dans l’espace (et des fois, c’est pas facile) ; oui, l’érotisme dans la communication et les médias a changé, puisque cet érotisme est à la fois plus libre et assumé, mais aussi nettement plus inclusif. Oui, le BDSM, pour l’immense majorité des gens, c’est juste une pratique érotique amusante et agréable, si on aime cela, évidemment. Bref, il y a plein de nouveaux moyens de s’envoyer en l’air et plein de choses en terme d’érotisme et de pratiques sexuelles qui sont désormais totalement intégrées et ne choquent plus grand monde.

Le « plus vieux métier du monde » n’a pas disparu, il est plutôt devenu une profession presque comme une autre ; d’ailleurs, il exige des permis et, dans certains états, des certifications techniques, si si. La prostitution n’est pas non plus un métier devenu soudainement glamour et ses pratiquants sont rares à rester plus de quelques années dans le métier. Mais c’est une profession organisée, syndiquée et protégée socialement comme tout autre métier, ou tout du moins, dans la plupart des nations du 23ème siècle.

Et bien sûr, il y a des endroits, y compris des nations entières, où tout cela n’existe pas, où la morale est particulièrement sévère et soutenue par la loi et où la prostitution est illégale. Mais même ses pays sont largement plus ouverts sur ces sujets que la moyenne de ceux du 21ème siècle.

Mode & codes vestimentaires

Pour commencer, on achète plus ses vêtements de la même manière qu’au 21ème siècle. Le prêt-à-porter reste toujours le plus pratique, mais il est moins répandu et bien moins dominant au 23ème siècle. Les vêtements sur mesure sont très accessibles et peu onéreux. La plupart des grandes boutiques de vêtements ont une forge nanorobotique à disposition, capable d’imprimer à peu près n’importe quoi en pièces vestimentaires et accessoires ; il suffit de faire son choix et quelques essayages sur des modèles prévus pour. L’exubérance est donc accessible et le grand luxe du luxe, c’est l’essayage en SIRM. La technologie des forges privilégie les textiles semi-synthétiques aux propriétés pratiques et esthétiques, permettant une foule de possibilités accessibles à tout le monde, d’autant plus que les limites à la pudeur sont en général nettement plus ouvertes qu’au 21ème siècle.

Il n’y a plus guère que dans le domaine militaire et policier que les uniformes et codes vestimentaires stricts ont encore réellement un sens fort. Le costume trois pièces, le tailleur et la cravate n’ont pas passé le 21ème siècle ; les soutien-gorge ne survivent plus que sous forme de brassières à usage sportif et les escarpins à talon ne sont plus qu’un accessoire sexy plus ou moins fétichiste. Quant au rose et au bleu, ils n’ont plus aucun sens (ils n’en n’avaient déjà pas beaucoup, sauf au début du 21ème siècle) et il n’y a que les gays militants pour jouer avec, en revendiquant ainsi leur orientation sexuelle.

Dans les modes du 23ème siècle, le tailleur-jupe masculin n’a finalement pas pris ; il a disparu avec les derniers tailleurs féminins au milieu du 22ème siècle. Il a été supplanté par le costume-kilt et le pagne kenté (une toge africaine en wax). Le kimono masculin et féminin est lui aussi devenu la base d’une ligne vestimentaire complète et très répandue. Il y a une mode très marquée qui mélange coupes de vestes et manteau de type kimono et le wax, des étoffes à motifs variés à l’infini et très colorés.

Mais ce qui reste un peu indémodable, c’est la mode autour des jeans (de toutes les coupes, même si les coupes droites à taille basse ou moyenne dominent) et le style sportif. L’usage d’holographie et de LEDS en ornements intégrés aux vêtements est très courant. Il existe toujours des costumes féminins et masculins, plus ou moins BCBG ou glamour, mais ils ont souvent comme point commun soit d’être d’aspect décontracté, soit rappeler volontairement des uniformes militaires d’apparat.

Une tendance, qui date de la seconde moitié du 22ème siècle, est aussi au vêtement moulant, librement inspiré de la mode vestimentaire spatiale. L’espace et sa faible gravité, ce n’est pas pratique pour les tenues amples. Ces tenues moulantes, combinaison, fuseaux, divers body, harnais, vestons cintrés, etc. sont toujours confortables, dans des tissus synthétiques intelligents qui s’adaptent aisément à la morphologie de leur porteur.

Esthétique

Le genre n’ayant plus beaucoup de signifiant normé au 23ème siècle, on aura vu que s’habiller en kilts, kimonos, jupes et toges est autant masculin que féminin. Il en va de même pour les coiffures, les accessoires ou encore le maquillage. En fait, si on ne croisera pas si souvent que cela des hommes maquillés de manière flagrante, ça n’a rien de choquant pour personne – ou presque. Et ce n’est plus non plus une norme nécessaire pour les femmes.

L’idée générale est que tout ceci est question de choix personnel et esthétique et plus de normes sociales. Les individus dans la Nouvelle Humanité ont une bien plus grande liberté quant aux canons esthétiques et aux pressions sociales qui vont avec qu’au 21ème siècle. Ça ne veut pas dire que la pression de la « beauté » et de la mode n’existent plus ; l’humain reste toujours un animal social qui a besoin de se conformer à des codes pour se sentir membre d’un groupe. Mais ces pressions sont simplement beaucoup plus souples et les jugements de valeurs qui vont avec ces pressions sont désormais plutôt rares. L’érotisme (qui concerne tous les genres) dans l’esthétique, la semi-nudité dans la mode, ne sont dès lors plus vraiment un problème, les censures morales à ce sujet étant largement minoritaires.

Un bon exemple en sont les geishas, un mot toujours employé au féminin quand les membres de cette profession très respectées sont de tous les genres. Ce corps de métier, bien différent de celui des geishas traditionnelles, emploie des maquillages très marqués dans ses représentations officielles, qui effacent et transcendent par conséquent les barrières des genres. Et comme on retrouve des geishas comme conseillers et experts jusque dans les assemblées générales des Consortiums, autant dire qu’ils ne suscitent ni rejet, ni stupéfaction.

Enfin, les modifications corporelles et esthétiques sont très courantes, aussi bien tatouages que piercings ou implants et chirurgie, rendues accessibles par les progrès de la médecine régénérative. Ce qui veut dire que beaucoup de gens en portent ; la plupart se contentent de quelques tatouages et des implants capillaires permettant de changer la couleur, voire la coiffure, de leurs cheveux à l’envie. Mais il y a des modifications corporelles qui peuvent aller beaucoup plus loin, avec des résultats esthétiques allant de très agréable à surprenant en passant par perturbant à dessein.

Le truc à garder en tête est que tous ces changements sont réversibles : bien sûr, cela ne se fait pas forcément sans casser sa tirelire, mais toutes ces modifications peuvent être elle-même modifiées ou retirées. Et cela concerne même les traitements de réassignation de genre, qui sont d’ailleurs pris en charge par les assurances sociales et sont grandement facilités.

Luxe

Quand on parle d’un monde en passe d’atteindre la post-rareté, il faut bien garder en tête que le luxe, lui aussi, est impacté. L’or, l’argent, le platine, même s’ils restent des métaux vitaux pour l’industrie, sont de valeur bien moindre au 23ème siècle. Ils abondent dans les astéroïdes et les corps célestes et ne constituent plus un summum du luxe. Il en va de même pour la plupart des pierres précieuses, diamant compris : Une forge atomique peut produire du diamant de qualité à un cout tout à fait raisonnable. Et, enfin, le luxe, en ce qui concerne les matières animales rares, n’existe pratiquement plus, sauf dans des trafics hautement illégaux et risqués ; les peaux et fourrures rares ne s’exhibent plus… Ce qui se porte encore, en terme de luxe, ce sont leurs versions artificielles.

Le luxe, au 23ème siècle, ce sont les produits mobiliers et accessoires naturels, comme le bois, le cuir, la peau, les pierres naturelles, dans le domaine légal. Mais puisque toute forge peut en imprimer des copies quasi identiques, c’est un luxe relatif. Finalement, le luxe reste ostentatoire et tapageur, lié à des marques et des savoir-faire, corrélés à des codes de richesse et de rareté. L’autre aspect du luxe concerne l’accès à des produits naturels de haute qualité, nourriture bio et alcools de grand crus. Et il y a aussi les voitures : la plupart des gens circulent dans des véhicules mutualisés et des transports en commun et peu de gens possèdent leur propre véhicule. Avoir sa propre voiture, son propre aérodyne, son propre avion, es clairement du domaine du luxe.

Déplacements

On a encore rien fait de plus simple et efficace au 23ème siècle que les véhicules à roues du 20ème. Ce qui a changé tient plus dans la doctrine d’emploi que dans les véhicules eux-mêmes, qui pour la plupart sont électriques. Dans les régions urbaines, la plupart des voitures sont partagées ou mutualisées, c’est-à-dire qu’un immeuble, un lotissement, un quartier, ou toute une ville, disposent d’un parc automobile mis à disposition des abonnés.

L’habitant d’un petit immeuble paye dans son loyer le coût d’accès aux véhicules mis à disposition et dans ses impôts locaux l’accès aux transports en commun. Il pourra rajouter à cela un abonnement pour un taxi ou un libre-service privé. Au final, si les taxis n’ont pas disparu, la doctrine « un conducteur, une voiture privée » a disparu, et rares sont les gens dans les régions urbaines à considérer utile d’avoir leur véhicule. Il s’agit plutôt d’un luxe ou d’un caprice.

Toutes les voitures, à de rares exceptions près, ont des autopilotes T2, ce qui facilite les accès partagés ; la voiture sait retourner toute seule à son dépôt une fois que son utilisateur n’en a plus besoin, et accepte les programmations et rendez-vous personnalisés pour attendre en heure et lieu son prochain utilisateur. Les véhicules autopilotés roulent sur des voies rapides spécifiques, sécurisées et adaptées à l’efficacité du pilotage IA ; mais on ne laisse jamais un autopilote piloter seul une voiture avec passagers : avant l’Impact et plus tard, dans les années 2090, de terribles attentats par piratage interposé ont montré les limites de cette idée dans une situation de circulation routière, sur grande et petite voie.

Seules les IA T3 et plus sont autorisés à piloter seules ; et on ne va pas gâcher leurs talents pour de banales voitures et des bus que n’importe quel chauffeur routier saurait maitriser. En général les T3 pilotent des camions de livraison à fort tonnage sur les voies réservées aux machines. Donc, le permis de conduire est toujours d’actualité et il est nécessaire pour piloter un véhicule. Mais il est fréquent que le pilote humain se connecte simplement via son Interface et pilote en mains-libres, ne reprenant le volant que si les conditions de conduite l’exigent, ce que l’autopilote signalera de suite.

Concernant les deux-roues (et aussi les trois roues et les mono-roues), leur usage individuel est plutôt répandu : les motos sont courantes, et les vélomoteurs et vélos appréciés pour des déplacements personnels, avec pas mal de versions originales que permettent les moteurs électriques et les nouveaux matériaux. Ils sont aussi très appréciés pour leur côté sportif quand les voitures sont avant tout utilitaires. Il y a cependant des vélomoteurs disponibles en libre-service dans toutes les villes, avec des stations de dépôt, car tous ces véhicules sont très rarement équipés d’autopilotes (mais il en existe d’efficaces, cependant).

Les trajets longue distance, train, camion ou avions sont la corvée des bioïdes en général ; ces derniers peuvent rester concentrés sans souffrir de fatigue bien plus efficacement que tout humain. Et encore une fois, on pourrait techniquement s’en passer, mais par prudence et par méfiance envers la dépendance technologique, on préfère toujours des humains aux commandes. Ou plutôt des bioïdes, ce qui n’est pas sans poser des problèmes ; ces dernières années, il y a eu plusieurs attentats-suicides de bioïdes avec comme arme le véhicule qu’ils pilotaient, après avoir neutralisé l’autopilote.

Le train a la cote au 23ème siècle. Plus rapide qu’au 21ème, il est aussi plus étendu en terme de voies et d’arrêts, dans un monde où la plupart des gens n’ont pas de voiture personnelle. Il est aussi privilégié pour le transport de marchandises sur terre, pour les longues distances. Le train est d’ailleurs désormais assez étendu pour relier les continents via des voies sous-marines. Plutôt que du train hyperloop, la technologie moderne emploie de la MHD-air et une sustentation magnétique-antimasse pour les lignes ultrarapides L’avion, électrique lui aussi et embarquant de la MHD-air, n’est finalement employé que pour les très longues distances et les trajets transocéaniques.

On parle plus haut des aérodynes, qui est un terme générique pour les petits véhicules volants qui ne sont pas des avions et peuvent atterrir sur un espace restreint, employant l’antimasse et la propulsion par hélices ou réacteurs, voire par MHD-air. Les hélicoptères en font partie ; l’ensemble de ces engins, employés à titre individuel, est répandu, mais reste assez limité : ils ne sont pas donnés et restent un luxe. Ceci dit, les forces de police, de sécurité et les unités de secours et d’intervention les emploient de manière courante au 23ème siècle.

Police & sécurité

Attention, ici se trouve pour commencer, un paradoxe qui n’est pas simple à saisir pour l’humain du 21ème siècle. Le monde du 23ème siècle est à la fois très respectueux de la vie privée et à la fois particulièrement surveillé… voire, il est surveillé presque partout.

D’une part, le droit à la vie privée est un élément fondamental de la Charte Universelle des Droits de l’Humain de l’UNE ; par conséquent, les nations-membres respectent la vie privée des individus et on ne ni les tracer, ni les localiser ou établir des dossiers avec des contenus d’ordre privés. Le droit à l’image est équivalent, au point qu’on ne peut conserver des fichiers d’identification par visages, sauf dans des cadres criminels, militaires ou de sécurité nationale.

D’autre part, il y a des caméras, des senseurs et des drones partout ! Mais vraiment, partout. La plupart de ces systèmes sont directement liés à la sécurité urbaine et aux forces de police. Leur rôle ? Voir et alerter en cas de trouble à l’ordre publique, que ce soit vols, cambriolages, agressions ou accident de voiture, malaise d’un piéton ou encore explosion ou inondation. Alors si la plupart des gens savent repérer et voir les drones, les caméras et les senseurs sont, quant à eux, presque invisibles, tant la miniaturisation et l’autonomie de ces systèmes a évolué.

Et, pour servir d’observateur et alerter en cas de besoin, on n’emploie plus des humains, mais des IA, en général des T4, voire des T5 pour les endroits sensibles. Ces machines sont programmées non pas pour reconnaitre les responsables et les identifier, mais détecter les accidents et les crimes et alerter les autorités concernées. Ces IA ont bien sûr largement les moyens si nécessaires d’identifier n’importe qui avec de telles capacités d’observation. Mais elles ne vont le faire que sur ordre légal ou décision de justice, et dans le cadre des lois sur la protection de la vie privée. Et une IA, c’est nettement plus incorruptible qu’un humain, ce qui rend les abus de la surveillance de masse très limités et anecdotiques. Bon, bien sûr, dans les nations à régime autoritaire, tout ça, on oublie ; tout le monde est suivi en direct et il faut savoir tricher pour échapper à une telle surveillance.

Les forces de police ne sont dans leur ensemble pas différentes de celles du 21ème siècle ; on y trouve cependant nettement plus souvent de police de proximité chargée d’arrondir les angles entre les petits délinquants et le reste de la société sans avoir à employer des méthodes de répression. On y trouver aussi des troupes d’intervention plus mobiles avec les unités de SWAT PBS et des unités anti-émeutes nettement plus efficaces, avec les robots de contrôle des foules, des machines capables d’encaisser les pires colères populaires sans broncher tout en facilitant le contrôle des débordements par les forces de sécurité.

Et avec tout cela, comment se porte le crime ? Il ne va pas si mal, merci ; il s’est adapté, mais reste toujours actif. Simplement, il est en général moins violent et agressif et, quand il doit le devenir, il s’équipe à la hauteur de l’adversité qu’il risque de devoir affronter. Si les gangs de rue ne survivent que de manière marginale, les trafics et le mercenariat vivent par exemple très bien et une grande partie des organisations criminelles se sont déplacés pour conserver leurs centres d’activités et leurs stocks dans les Zones d’Exclusion parsemant le monde entier, où la loi et la sécurité civile sont toujours insuffisants, voire carrément inexistants. La sécurité globale étendue a cependant une grande victoire à son actif : elle a fortement diminué les violences et atteintes aux personnes, qui sont en règle général les crimes les plus poursuivis, juste après les crimes de trafics internationaux et avant les atteintes aux biens.

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