Le système Jovien en 2202

Jupiter, en 2202, c’est le Seuil, en orbite de Callisto, le trou de ver artificiel et stable construit par la Nouvelle Humanité pour explorer les étoiles lointaines et devenu, par la force des choses, le cœur militaire de StarForce, la force spatiale terrienne de coalition de la Guerre Éternelle. Mais le système jovien, c’est grand. C’est presque un mini-système solaire en soit, qui suscite les convoitises de tout le monde, malgré des distances et des temps de voyage qui commencent à devenir conséquents.

Données physiques

  • Nombre de satellites : 79, dont les quatre plus grands, nommé les lunes galiléennes : Ganymède, Callisto, Io et Europe. Huit autres plus petits : Amaltée, Himalia, Elara, Pasiphaé, Sinopé, Lysithée, Ananké, Léda et Thémisto.
  • Masses relatives des lunes joviennes (dans l’ordre de masse) : Ganymède, Callisto, Io, Europe. Les autres satellites non galiléens ne pèsent que 0,003% de la masse totale des lunes joviennes.
  • Gravité (pour chaque lune galiléenne) : Ganymède : 0,14G, Callisto : 0,12G, Io : 0,18G, Europe 0,13G
  • Vitesse de libération : 2, 742 km/s (Ganymède), 2,44 km/s (Callisto), 2,6 km/s (Io), 2 km/s (Europe)
  • Température min/max : -203°C/-121°C (Ganymède), -193°C/-108°C (Callisto), -43°C/+1726°C (Io), -183°C (Europe),
  • Habitabilité (PHI) 1,68
  • Population : 1,1 million.

Présentation

Tout le monde nomme le système des lunes et satellites de Jupiter « le système Jovien ». Il regroupe donc la géante gazeuse, les nombreuses lunes de la planète et, enfin, les anneaux de Jupiter, deux anneaux de poussière cosmique ténus, presque invisibles, mais dont tout pilote qui entre dans le système jovien préfère tenir compte en navigation, on ne sait jamais. Sur la même orbite solaire que Jupiter, il y a les deux groupes des astéroïdes Troyens. Ils ne font pas réellement partie du système Jovien, mais on en parlera en quelques mots plus tard.

On dit que Jupiter est grande, mais on ne réalise pas aisément à quel point, alors, on va simplement résumer : la masse de Jupiter, c’est 2,5 fois celle de toutes les autres planètes du système solaire réunies, pour un objet au diamètre de 143 000 km. Contrairement à la légende, non, ce n’est pas un soleil raté. Pour devenir le plus petit soleil qu’on rencontre dans le cosmos, il faudrait qu’elle soit au moins 13 fois plus massive. Navrée pour les fans du film 2010, Odyssée 2.

Une caractéristique particulière de Jupiter, c’est que son activité interne rayonne plus d’énergie qu’elle n’en reçoit du soleil. Car, oui, Jupiter est incroyablement active et tellement que sa magnétosphère est immense et 14 fois plus intense que celle de la Terre. Un rayonnement magnétique qui la protège de toutes les radiations cosmiques, et englobe ses lunes les plus proches, surtout Io et Europe, mais qui n’est pas sans risque. Io, par exemple, est presque impossible à approcher ; le niveau de radiations électromagnétiques y est tel que pratiquement rien qui ne soit protégé par un puissant champ stat n’y survit. En fait, la magnétosphère de Jupiter est une super-dynamo qui a d’ailleurs une grande utilité pour alimenter le Seuil.

Bref, dans le système Jovien, Io est inaccessible, Europa un coin risqué, et il ne reste que Ganymède et Callisto… sauf que Ganymède abrite de la vie extraterrestre que tout le monde, jusqu’ici a accepté de préserver en allant pas s’installer sur la lune. Fort heureusement, il y a plein d’autres petites lunes qui, même si cela reste en général de gros cailloux, fournissent aisément eau et matière première sans avoir à lutter contre la magnétosphère de Jupiter ; du moins, pour le moment.

Pour terminer, le système Jovien a beau être ouvert à l’exploration et à la colonisation, il est sous l’autorité de StarForce et considéré territoire militaire. L’UNE y exerce aussi une influente bien présente – il y a même un département local de l’UNADP – et on compte quelques colonies et stations civiles, mais qui doivent se soumettre aux exigences de StarForce, qui font clairement la loi.

Le Seuil

En orbite haute et géosynchrone de Callisto se trouve le Seuil, la plus puissante, complexe et immense machine jamais crée par l’homme. L’iris et l’annulaire du Seuil, c’est-à-dire le portail du trou de ver stable qu’il abrite forment un anneau de 0,9 km de diamètre. Mais à cette structure centrale se rajoutent les trois énormes générateurs d’antimasse, les plus grands jamais conçus, les dix-huit piles Shipstone qui les alimentent, elles aussi les plus vastes jamais crées, chacune de la taille d’un tanker, puis le générateur annulaire Zeus, une gigantesque centrale qui extrait l’électricité de l’interaction électromagnétique entre Callisto et Jupiter et, enfin, les trois stations habitées abritant les infrastructures d’accueil, le personnel technique, les défenses militaires et les docks de l’incroyable machinerie.

Au final, le Seuil, c’est un objet qui atteint les sept kilomètres de diamètre, et dont 70% de la structure n’est fait que de machines d’un degré de complexité absolument vertigineux. L’annulaire du Seuil a été construit en un délai record de dix ans ; le Zeus, puis l’ensemble des stations habités ont demandé vingt-cinq ans de plus.

Le Seuil, pour résumer, c’est un trou de ver artificiel stable, qui peut être ouvert quelques dizaines de secondes par jour, et crée un pont quasi-instantané entre le système solaire et le système de KOI-1971, à 1033 années-lumière. Là, se trouve une planète habitable, la plus accueillante connue, Koie, et aussi le point de départ et, pendant longtemps, le principal champ de bataille de la Guerre Éternelle. Malgré tous les efforts tentés, le Seuil refuse de créer une autre destination et tous les autres essais d’autres trous de ver artificiels ont échoué jusqu’ici. Le Seuil est la seule porte stellaire de la Nouvelle Humanité.

Le Seuil est particulièrement protégé et contrôlé, d’autant qu’il connait un trafic spatial très dense et qui n’est pas que militaire, car le système KOI-1971 est, sous conditions, désormais ouvert aux activités civiles (voir l’article : les exoplanètes). La deuxième flotte Titanide de StarForce, en alerte constante, est dédiée à la protection du système Jovien. Une partie orbite sur une large boucle autour de Jupiter, l’autre stationne sur la même orbite que le Seuil, au-dessus de Callisto. Et, sur le satellite, une vaste station militaire, équipée de batteries de missiles nucléaires Gorgone et d’une artillerie de canons cinétique mobiles assure la sécurité de la planète et de la station orbitale. Le Seuil et ses infrastructures sont sous contrôle de StarForce. Dès facto, il s’agit d’un territoire militaire, même si cette situation est régulièrement controversée, d’autant qu’il y a une importante activité civile, principalement de l’exploration scientifique et que l’UNE y joue un certain rôle de contre-pouvoir.

Le Seuil a enfin une réputation sulfureuse :  la station orbitale, aussi bien que les installations militaires et les complexes industriels à la surface de Callisto sont le théâtre de pratiquement le même taux de Twilight Zones que dans les zones urbaines de la Terre. Ce n’est guère rassurant dans un milieu aussi hostile, où tout incident conduit rapidement à des conditions mortelles et dramatiques.

Callisto

Callisto a comme premier point d’être assez éloignée de Jupiter (1,8 million de km) pour ne pas être en résonance orbitale. En bref, Callisto n’est pas « bloquée » la même face devant Jupiter, et tourne sur elle-même, avec un cycle jour-nuit de 16 jours terrestres environ. Ce n’est pas terrible, on est d’accord, mais cela a entre autres participé au choix de la Lune dans le projet du Seuil. Sa rotation accroit les capacités électriques de l’interaction Callisto-Jupiter, tout en étant assez loin pour ne pas subir les désagréments du bombardement de particules de la géante gazeuse.

À part ça, Callisto est un gros caillou gelé et sale, presque du double du volume de Luna, avec plein de cratères –le plus grand nombre en densité dans tout le système solaire- et quelques montagnes et reliefs, mélange de glaces (environ 50%), de composés carbonés et de fer, avec un peu de phosphate et d’autres minéraux. Elle a une atmosphère de CO2, mais si ténue qu’elle ne présente aucun obstacle pour les transits orbitaux. Enfin, Callisto a deux avantages : son sol regorge d’Helium3 relativement facile à exploiter et il y a donc plein de réserves d’eau. Le traitement industriel de l’indispensable liquide n’est pas aisé, mais couvre la plus grande partie des besoins du Seuil. Callisto possède des océans souterrains, mais d’une eau difficile à atteindre et aux nombreux composés toxiques. Il existe quelques puits de forage mais à destination scientifique principalement.

Callisto est la plus colonisée des lunes joviennes ; on peut y produire des matières premières transformées par les nanoforges, y compris les graphanes et on peut assez aisément y faire de pousser des plantes, avec des installations d’agriculture verticale hors-sol. Par contre, pour le coté touristique/attractif, c’est nettement moins convainquant… à part pour une vue unique qui vaut sûrement le voyage, même si on a une vue de Jupiter autrement plus incroyable depuis Europa.

Ganymède

Ganymède, c’est la plus gosse lune de tout le système solaire avec une masse du double de celle de Luna. Non seulement c’est donc un gros corps céleste, mais c’est aussi un satellite avec plein de caractéristiques uniques, dont une magnétosphère propre, crée par une activité interne assez intense. Si Callisto est un gros caillou mort, Ganymède est une petite planète bien vivante… et qui abrite la vie !

La surface de Ganymède n’est que de la glace et des roches silicates, baignés dans une atmosphère très ténue, mélange d’oxygène atomique, de dioxygène et d’ozone, mais elle abrite en son sein un océan gigantesque ; plus d’eau que tout ce qu’abrite la Terre. Un océan qui accueille une vie sous-marine foisonnante et complexe, vivant dans une totale obscurité, complètement isolée du reste de l’univers, totalement différente de tout ce l’on connaît sur Terre. Une aubaine pour la science, qui a réussi à faire préserver cette lune de pratiquement toutes interférences autres que scientifique. Pour résumer, on ne touche pas à Ganymède et seules des équipes de recherche et des stations scientifiques résident à sa surface, avec un minimum vital d’installations de survie et de ravitaillement, qui exploite très parcimonieusement la glace et les silicates de surface.

Pour résumer : personne ne met le pied sur Ganymède sans permission et escorte… tout du moins s’il veut le faire légalement. Car, même si son espace et son orbite sont surveillées, la lune est vaste… et sa surface accueille quelques richesses, comme des noyaux métalliques d’astéroïdes bourrés de métaux rares, qui attisent bien des convoitises prêtes à prendre le risque de se frotter à StarForce !

Europa

Des quatre lunes galiléennes, c’est la plus petite mais elle est cependant presque aussi volumineuse que Luna. Grosse boule de glace lisse pratiquement sans reliefs, Europa abrite elle aussi un océan souterrain, mais dénué de vie, tout du moins observable jusqu’ici par la Nouvelle Humanité. L’explication la plus souvent admise est que, même abritée dans les profondeurs, la vie n’est pas parvenue à survivre aux intenses radiations que Jupiter bombarde dans sa magnétosphère.

On pourrait imaginer qu’Europa étant une boule de glace quasi pure, il n’y a qu’à se servir. Mais ces mêmes radiations sont la raison pour laquelle ça n’a pas encore été tenté autrement qu’expérimentalement. La surface de la planète reçoit un rayonnement d’en gros 540 REM par jour. De quoi tuer un humain mal protégé en une journée et déglinguer n’importe quel robot, même blindé, en quelques jours.

Il n’y a que quelques téméraires faisant du trafic illégal pour aller sur la surface à la recherche des rares noyaux métalliques d’astéroïdes à piller pour leurs richesses ou faire de gros stocks de glace à destination de la Ceinture. Légalement, il n’y a pas de loi qui interdise l’exploitation d’Europe, seulement des règlementations strictes sur le trafic spatial dans le système Jovien. Aussi, même si ces activités se font sans autorisation, StarForce ferme les yeux sur ces trafiquants qui prennent de grands risques pour aller se servir sur un monde peu recommandable pour la santé.

Bref, Europa sera, peut-être, un jour intéressante à exploiter… quand les bénéfices de cette exploitation justifieront les coûts d’investissement très élevés. En attendant, c’est une destination touristique, dans le survol de son orbite et, pour les plus riches et téméraires, à sa surface, pour voir les plus beaux clairs de Jupiter de tout le système Jovien.

Io

Plus proche lune de Jupiter, Io est une boule de roche, presque du même diamètre que Luna. Elle est recouverte de soufre, résultat de l’activité de ses 400 volcans qui crachent dans le ciel en permanence et qui lui donne ses nuances jaunes et orangées magnifiques, vues depuis l’espace. On ne peut plus active géologiquement, la lune est secouée de séismes constants et présente de reliefs montagneux impressionnants. Sur Io, pratiquement pas une goutte d’eau. Ce ne sont que des roches silicatées et riches en métaux, par-dessus un noyau ferreux en fusion, malaxé par les marées gravitationnelles de Jupiter toute proche.

Bref, si Io est sans doutes la lune la plus riche en métaux qu’on puisse imaginer, c’est aussi un véritable enfer de lave, de chaleur et de conditions extrêmes où des radiations mortelles font griller les systèmes des robots les plus blindés en quelques heures. Même approcher cette lune et la survoler présente des risques réels, à cause de la proximité aux effets ravageurs de la magnétosphère de Jupiter. Personne n’a eu idée de tenter de coloniser Io et même son exploration, uniquement depuis son orbite, est ardue pour la technologie du 23ème siècle. Bref, circulez, y’a rien à voir.

Principaux habitats

Homesgate (Le Seuil, 725 000 personnes) est le surnom que tous les militaires de StarForce donnent à aux trois stations accolées au Seuil, et principalement celles qui abritent les structures d’accueil et les quais. C’est là que se trouvent les hôpitaux, les cantonnements de repos, les aires de loisir et les zones de transit militaire entre le système solaire et KOI-1971. Homesgate est l’espoir de la fin de la Guerre Éternelle pour tous les combattants qui viennent de servir sur les théâtres d’opération de l’autre côté du Seuil. Homesgate est aussi la destination finale des paquebots de luxe du Grand Tour qui y ravitaillent avant de reprendre la route vers la Terre et, enfin, c’est le passage obligé pour tout saut à travers le trou de ver, pour les expéditions civiles vers la si convoitée Koie. Il y a très peu de résidents permanents à Homesgate. La station est administrée par StarForce, avec une présence fédérale de l’UNE, y compris un bureau de l’UNADP, et quelques docks privés dédiés aux Consortiums. Le personnel de la station, en immense majorité des soldats, n’y fait que rarement un séjour de plus de dix ans. On n’y trouve ni écoles ni infrastructures pour les enfants et elle est réellement pensée comme un point de repos et de transit, pas comme un habitat permanent pour des résidents de longue durée. Le confort y est d’ailleurs relativement spartiate. Si on veut vivre dans le système Jovien, il vaut mieux privilégier la colonie agricole Country Road.

Sataroga – StarForceDefense1 (Callisto, 24 500 personnes) est située sur Callisto, dans le cratère éponyme et joue un double rôle. C’est là que se trouvent les dix batteries de missiles nucléaires Gorgone et les vingt énormes plateformes mobiles de canons cinétiques Argès ainsi que leur centre opérationnel autour de radars et de télescopes d’observation longue portée guettant toute intrusion. Mais c’est aussi la principale installation d’extraction d’Helium3 dans le système Jovien, avec des réserves conséquentes destinées aux flottes de StarForce, ainsi qu’un centre de formation militaire spécialisé pour ses unités d’élite de PBS. Il y a donc des ingénieurs, des techniciens, et tout un contingent militaire, disposant d’un spatioport et de quelques corvettes transorbitales de combat.

Country Road (Callisto, 77 200 personnes) est la principale colonie civile de Callisto et joue le rôle de capitale de la lune. Il s’agit d’un grand complexe agricole avec quelques structures industrielles, y compris un atelier de montage de petits cargos transorbitaux. Il y vit quelques milliers de familles, avec écoles et installations civiles assez confortables et modernes, des services d’hôtellerie et quelques offres de loisir. Si Country Road est dans un secteur militarisé avec une forte présence de StarForce, c’est malgré tout une petite ville en plein développement avec de nombreux investissements privés, y compris un spatioport très actif, qui fournit une grande partie du ravitaillement du Seuil. Ce n’est pas non plus un endroit très facile ou agréable à vivre : Callisto reste un monde désolé, dangereux et peu accueillant, la présence militaire n’est pas des plus agréables et il y règne une ambiance difficile avec un niveau de violence plutôt élevé.

Utopia- SFD2 (Himalia, 1500 personnes) est une station spatiale d’observation longue distance, dotée d’armements conséquents, canons cinétiques, missiles nucléaires Gorgone et quelques escadrons de chasseurs-tueurs, posé sur Himalia, une des plus lointaines lunes de Jupiter, un astéroïde de 140 km de diamètre. Loin de tout, c’est un peu le dernier endroit où l’on voudrait se retrouver quand on est à StarForce, mais c’est la première ligne de défense du Seuil.

Ilion (Ganymède, 1850 personnes) est la petite station gestion, de surveillance et de recherche scientifique que se partagent gouvernements, universités et Consortiums pour l’étude de la vie sur Ganymède. Posée sur le sol de la planète, avec un petit complexe industriel et quelques fermes verticales, Ilion ravitaille la poignée d’autres stations qui ont été autorisées à s’installer sur la lune pour en étudier sa faune et sa flore difficile à atteindre. Il n’y a que peu de puits d’accès vers l’océan sous-terrain de Ganymède, et ce n’est pas une bonne idée de vouloir tenter de percer de nouveaux trous. Il y a un petit contingent de Casques Bleus et d’experts de l’UNE à Ilion chargés de faire appliquer à la lettre les réglementations de protection.

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