La Nouvelle Humanité, partie 2 : les croyances du 23ème siècle

Photo : Pillars of Creation, crédit : NASA

En 2088, la loi Udron est ratifiée par l’assemblée de l’UNE et entre dans la charte des Droits de l’Humain sous forme d’amendement, après des années de débats houleux.  Pour faire court, la loi Udron bannit toute forme de représentation publique ou politique de quelque religion que ce soit. Elle démantèle et prohibe tout simplement tout ce qui de près ou de loin s’apparente à une religion organisée.

Une expression courante dit que les IA ont tué Dieu. Mais ce sont les humains qui ont tué les religions. Et quand on connait l’histoire de la Nouvelle Humanité, on ne s’en étonne pas : la Seconde Guerre des Machines du 21ème siècle, qui a dégénéré en conflit nucléaire, n’était rien d’autre qu’un conflit d’une alliance religieuse contre tout ce qui refusait sa loi sacrée. De fait, la religion ne fut pas effacée comme par magie de la société humaine. D’abord parce que ce fut une bonne raison pour pas mal d’états de quitter l’UNE ou refuser de la rejoindre, ensuite parce que la croyance et la foi n’ont jamais été la cible de cette loi, seulement les religions organisées et leur influence sur les civilisations.

Et il faut bien dire que, malgré un résultat relatif en terme de globalité, l’effet de cette loi fut remarquablement positif dans le changement sociétal de la Nouvelle Humanité.  C’était comme se débarrasser, pour nombre de politiques et de courants progressistes, d’un fardeau qui freinait toutes les évolutions socioculturelles et scientifiques.

Ceci dit, parce que la foi est profondément ancrée dans les instincts humains, la loi fut souvent amendée, pour être assouplie progressivement tout au long du 22ème siècle, mais sans jamais lever complètement la prohibition. Certaines nations fortement religieuses en tirèrent profit pour se radicaliser et employer cette loi pour exacerber la défiance envers l’UNE ; favorisant des alliances de gouvernements radicaux, en général plus ou moins totalitaires, ce qui d’ailleurs fournissait des arguments à l’UNE pour légitimer sa loi et ses applications. Finalement, il y eu peu de nations pour suivre une trajectoire religieuse ; le plus souvent ces dernières sont en position de faiblesse et isolées.

Le fait est que la plupart des représentants de la Nouvelle Humanité considèrent bizarre et suspicieux non de croire, mais de confier une partie de son libre-arbitre à une autorité morale qui prétend représenter une force divine. La notion d’église, de congrégation, de guides religieux et de livres sacrés est quelque chose de plus ou moins étranger à la plupart des gens. Certains peuvent le comprendre, mais n’admettent pas cet abandon de libre-arbitre, d’autres rejettent avec violence ces concepts trop souvent messages d’intolérance et d’agression et, finalement, la plupart ne comprennent simplement pas le principe, parce qu’ils s’en passent et ne voient pas quel intérêt cela peut avoir.

Au 23ème siècle, la situation a donc évolué par rapport aux années suivant la fin du 21ème siècle ; l’UNE permet désormais une certaine représentation religieuse et la fonction de prêtre. Cette dernière est cependant conditionnée à des études universitaires agrées et publiques et un contrôle par une organisation professionnelle officielle et collégiale : elle concerne toutes les religions déclarées. Les nations membres de l’UNE ont aussi interdiction de fournir des subventions aux organisations religieuses, pas plus que des avantages fiscaux de quelque source que ce soit. Et les prêtres sont des professionnels, sans aucune forme de privilège, sauf le droit au secret professionnel, en dehors de leurs serments religieux. Puisqu’ils sont affiliés eux aussi au respect de la Charte des Droits de l’Humain, comme tout le monde, ils peuvent être poursuivi dans le cadre de leur profession pour toute forme de propos discriminant, d’appel à la haine ou d’entraves ou encouragement à l’entrave aux libertés fondamentales. Enfin, les écoles privées et autres pensionnats ou résidences de retraite de nature religieuse sont formellement interdits. Les institutions, temples et églises sont, eux, parfaitement tolérés, mais ne peuvent bénéficier de financements publiques, sauf si l’état devient alors actionnaire.

Il y a quelques autres subtilités, comme l’interdiction de financer des parties politiques mais, dans l’ensemble, tout y est. Et étrangement, cela ne décourage pas les vocations religieuses, sauf celles des plus radicaux et des plus vénaux ; ceux qui se lancent dans les métiers de la prêtrise et les fonctions religieuses le font avant tout par foi et par conviction intime. Cela ne réduit pas le risque de dérives extrémistes à zéro, mais il est d’incidence presque négligeable. En sommes, la Nouvelle Humanité, plutôt que de détruire la religion, est parvenue à la réinventer en se réconciliant avec elle. Et cela a bien marché, ou presque.

On va donc décrire quelles religions existent au 23ème siècle, leur rayon d’influence et leur état des lieux rapidement. Les religions sont à peu près classées dans leur ordre d’importance en terme de croyants et d’influence sur la société.

Encart : combien de croyants ?

Alors, il faut clarifier la question entre les personnes croyantes, les non-croyants et les pratiquants. Mais en quelques chiffres : 38% des humains du 23ème siècle s’affirment croyants dont un peu moins de 8% sont pratiquants. Sur les 62% restant à être non-croyants, environ 30% sont simplement agnostiques mais admettent l’idée d’une entité divine et les 32% se déclarent athées.

Universalisme

L’universalisme est fondamentalement du déisme hérité du christianisme protestant basé sur les principes des Droits de l’Humain. Fondé au début du 22ème siècle, le mouvement est né des courants protestants œcuméniques de la Fédération Nordique et a pratiquement abandonné toute référence chrétienne distincte pour des principes plus généraux orbitant autour d’une seule entité, Dieu, non genré, que l’Église Universaliste surnomme souvent le Cosmos. Les Universalistes sont des gens ouverts et progressistes, fondamentalement humanistes. Leurs congrégations sont très organisées et l’église universaliste dispose d’un vaste réseau très actif dans les activités sociales et humanitaires. Ils ont des réserves sur les dérives des applications de la science, surtout quand elle altère l’humain de manière artificielle et certains courants ont de gros problèmes avec les cyborgs et les bioïdes ; d’autres en ont aussi avec les hexens, mais sont très minoritaires. D’aucuns prétende qu’il s’agir de la religion officielle de l’UNE, ce qui est bien entendu faux sur le principe. L’UNE n’admet aucun courant religieux dans son organisation gouvernementale ; mais il est vrai, que l’église universaliste représentant le plus grand nombre d’adeptes, principalement en Union Africaine et sur le continent européen, elle a une influence politique non-négligeable.

Les prêtres Universalistes sont appelés des Révérants.

Animisme africain moderne

L’Animisme africain moderne identifie un Créateur, père ou mère bienveillant mais qu’on n’invoque pas et une multitude d’entités qui en découlent et peuvent entendre les prières et répondre. L’ensemble du réel est constitué de la force mystique du créateur, qui circule en toute chose et anime les entités divines, les esprits, les âmes, avec lesquelles on peut communiquer. Il convient donc d’honorer esprits, ancêtres et lieux et êtres sacrés, car ils intercèdent avec le créateur. Les rites sont alors très nombreux, et les temples n’ont guère de sens pour l’Animisme africain, qui privilégie la communion avec l’univers dans de vastes espaces ouverts et dédiés. C’est une religion qui considère que le pouvoir divin est neutre, il ne dépend donc que de comment on l’invoque et on veut l’employer. Il n’impose guère de conduites morales, si ce n’est de ne jamais oublier ses ancêtres et ses liens familiaux et de respecter toute chose avant d’agir, puisque tout peut abriter un esprit, qu’il soit vivant ou inerte. Politiquement, le mouvement est plutôt conservateur, mais c’est très variable. L’animisme africain n’est guère hiérarchisé ou structuré mais il est très présent partout et très actif dans la promotion de l’écologie.

Les prêtres Animistes africains sont nommés des Guérisseurs.

Christianisme

Le christianisme du 23ème siècle n’a plus grand chose à voir avec celui du 21ème siècle. Né sur les ruines du catholicisme, qui n’a pas survécu à la Seconde Guerre des Machines ni à la loi Udron, il a dû complètement se réinventer, à quelques sectes intégristes et isolées près. Exit le célibat des prêtres, la chasteté et les règlements sexistes, adieu l’enfer et les péchés, dehors l’ancien testament, la bible du nouveau christianisme est entièrement fondée sur le nouveau testament et a même été expurgée de nombre d’évangiles. Mais si le message fondamental est : aimez-vous les uns les autres, cela ne veut pas dire que le christianisme du 23ème siècle soit super cool. Il reste monolithique et hiérarchisé, autour de la figure des cardinaux et poursuit son credo de la fidélité absolue. Disons juste que le message est désormais plus clairement humaniste et inclusif et que le christianisme a cessé de se servir de la peur comme moyen de pouvoir, lui préférant l’espoir, l’empathie et l’altruisme. L’église chrétienne moderne reste cependant conservatrice et liés aux mouvements politiques nationalistes et traditionnalistes. Elle milite ardemment pour un retour en grâce de la religion dans le monde du 23ème siècle et contre l’inclusion des nouvelles espèces dans la définition de l’humanité, surtout les IA. Sans surprise, l’église chrétienne est active principalement dans les nations non-membres de l’UNE, principalement sur le continent américain.

Les prêtres chrétiens sont appelés Pères et Mères.

Islam réformé

Comme le christianisme et le judaïsme, l’islam a failli disparaitre de l’histoire au cours du 21ème siècle et a dû se réinventer complètement au 22ème siècle, entre autres pour perdre son aura de religion fanatisée et intégriste qui lui collait à la peau après la fin de l’Al’asil.  C’est ainsi qu’est né, au nord de l’Afrique, l’Islam réformé, basé sur une réinterprétation moderne et humaniste du Coran, qui y a perdu au passage son statut de réceptacle absolu de la parole divine. Le Coran de l’Islam Réformé est désormais considéré comme un guide de conduite morale qui doit être nécessairement interprété par chaque croyant, sous le conseil avisé d’un imam. Son credo moderne est la non-violence et le respect de toute vie. Fait très marquant, c’est aussi une religion non exclusive : l’Islam moderne vit en bonne entente avec les autres croyances et avec l’athéisme. Parmi les rites disparus, il y a les cinq piliers de la foi, qui n’existent plus dans l’Islam réformé. L’Islam réformé accorde plus de valeur aux actes de foi par la charité qu’à la dévotion. Un individu particulièrement dévot sera moins digne d’élévation qu’un homme moins vertueux mais qui consacre temps et fortune à aider les pauvres et venir en aide à son prochain. L’Islam réformé est démocratique et relativement peu structuré, son organisation s’arrêtant à des collèges régionaux qui prennent des décisions par vote ou consensus. Finalement, l’Islam réformé, ouvert à tous et faisant fi des problèmes de genre, est sans doutes une des religions les plus progressistes du 23ème siècle, notoirement en ce qui concerne les domaines de la science. L’islam réformé est présent principalement en Europe et autour de la méditerranée.

Les prêtres islamiques sont appelés des Imams.

Chamanisme amérindien

Le terme est un abus de langage car les Religions Amérindiennes Unifiées ne sont, et de loin, pas que du chamanisme. Mais l’expression est restée, même au sein des UAO. Fondé sur la base des religions amérindiennes du 21ème siècle, qui avaient elle-même intégré certains concepts chrétiens, le chamanisme amérindien est né en Amérique du nord vers le début du 22ème siècle, pour évoluer progressivement vers un ensemble plus ou moins formel de traditions et de cultes organisés autour d’une double idée, celle d’une entité créatrice, à la fois matérielle et spirituelle, et celle d’un monde qui vit à la jonction de ces deux principes. Le chaman est à la base un intercesseur entre les hommes et les esprits, à la fois guide spirituel, oracle et guérisseur. Dans les Religions Amérindiennes Unifiées, il est le prêtre garant des rites et des traditions tribales de la communauté, aussi bien qu’un conseiller spirituel et, bel et bien un médecin et guérisseur, avec une véritable formation médicale qui emploie les rites sacrés et les pratiques mystiques de concert avec la science du 23ème siècle. Le chamanisme amérindien est très attaché à la notion de lieux sacrés et de rites festifs d’initiation et de célébration, où les drogues sacrées circulent. Les Religions Amérindiennes Unifiées sont plutôt traditionnalistes et malgré la variété des courants religieux, elles sont plutôt organisées. Mais comme elles ne se basent pas sur des livres sacrés mais sur des récits et transmissions orales, elles ont une souplesse d’application de leurs credo qui facilite l’assimilation d’idées nouvelles, en faisant une religion qui ne cesse d’évoluer.

Les prêtres des Religions Amérindiennes Unifiées sont nommés Chamans.

Confucianisme révisé

En premier lieu, le confucianisme n’est pas exactement une religion, même si elle possède ses rites et ses croyances rattachées au bouddhisme. C’est une école de pensée, un ensemble de préceptes philosophiques, politiques et moraux. L’Empire de Chine a été le premier à promouvoir un confucianisme modernisé et adapté aux impératifs de la société du 22ème siècle. Dans la mesure ou le confucianisme n’est pas une religion, il cohabite très bien avec toutes les croyances locales et les autres formes de foi et même avec les athées, qui simplement ne s’intéresseront pas aux aspects mystiques hérités du bouddhisme. Le confucianisme révisé considère que par essence, l’humain est bon et ordonné. C’est seulement dans les erreurs de son éducation et de son évolution qu’il devient mauvais. C’est donc l’homme vertueux qui, à force de l’être et de professer ses vertus morales, donne l’exemple à sa famille, puis à ses amis, à ses dirigeants puis finalement à l’état, de la vertu, de la bonté et de l’ordre. Au 23ème siècle, le confucianisme a suivi la voie de la plupart des croyances modernes, avec une grande inclusivité. Comme c’est une philosophie qui professe le progrès éclairé et le savoir, mais aussi la sagesse et la vertu de l’altruisme et de l’intérêt commun, le confucianisme est sans doute la croyance la plus favorable aux IA haut niveau et aux IA conscientes. Le confucianisme est considéré comme philosophie politique d’état par l’Empire de Chine, ce qui semble paradoxal pour un des premiers et plus puissants membres de l’INE, mais comme ce n’est pas une religion en soit, il y a une tolérance qui a été facilité par les aspects très progressifs du confucianisme révisé.

Les « prêtres » confucéens se font appeler Conseillers.

Shintoïsme

Le shintoïsme n’a pratiquement pas, dans l’esprit, changé depuis le 21ème siècle, si ce n’est que ce n’est évidemment plus au Japon qu’il a le plus cours mais principalement en Amérique du nord, en Australie et en Océanie. C’est une religion animiste dont le principe majeur est le caractère sacré de la nature. Issus de l’Unité cosmique, les flux fondant la vie s’incarnent en une multitude de kami, des esprits. Le polythéisme qui s’en dégage est infini, dans le sens où chaque parcelle de vie est sacrée et possède donc son kami. Les esprits ne sont ni bons ni mauvais : ils ont leurs exigences et leurs désirs, ils peuvent être caractériels et même les plus pacifistes ont une part violente. Aussi, un prêtre shinto a comme rôle de négocier pour concilier dans l’harmonie les activités des hommes et celles des kamis qui régissent le monde naturel, apaiser les esprits en colère, ménager ceux qui pourraient le devenir. Il est parfois nécessaire de d’exorciser certains kamis, y compris de force. Ce rapport profond au mystique explique pourquoi nombre de shintoïstes ont une approche très directe et lucide du problème des Twilight Zones. Pour eux, il ne s’agit que d’une réalité devenue visible à tous, mais qu’ils professent depuis la nuit des temps. Le shintoïsme est une religion organisée mais à la hiérarchie floue, très inclusive, qui s’adapte aux milieux où elle s’implante sans se mettre en concurrence avec d’autres foi. Il n’est pas rare qu’un shintoïste ait aussi des pratiques d’autres religions ; pour lui toutes sont alors complémentaires. Le shintoïsme est répandu en république de Californie, en Chine et en Océanie.

Les prêtres du shintoïsme sont appelés des Kannushi.

Chamanisme européen moderne

Autre erreur de terminologie, le chamanisme européen moderne, qui s’est répandu depuis les Zones d’Exclusion d’Europe à la fin du 21ème siècle est en fait basé sur la Wicca. La Wicca inclut des éléments de croyances telles que le chamanisme, le druidisme et les mythologies gréco-romaine, slaves, celtiques et nordiques. Ses adeptes, les wiccans, prônent un culte envers la nature et s’adonnent pour une grande partie à la magie. Les wiccans sont, pour la plupart, voués à certains dieux comme Hécate, la déesse de la magie et de la lune, Gaïa, la déesse de la nature etc. Le chamanisme européen moderne s’appuie sur le principe de tolérance et de respect de la nature. Il se revendique vivre en harmonie avec son environnement, prônant le respect de l’autre ainsi qu’une démarche de partage avec celui-ci. Techniquement, ce n’est pas une religion mais un ensemble de croyances variées, même si les différents courants se regroupent en conventions qui collaborent et assurent la pérennité et la légalité des activités de la religion. Les wiccans n’ont pas non plus de véritable structure hiérarchique. À noter que les wiccans croient en l’existence de la magie, considérée comme « énergie cosmique » présente en chacun être et objet. De fait, leur point de vue sur les Twilight Zones est assez unique et intégré dans leurs croyances modernes comme une manifestation de magies incontrôlées qu’il convient de juguler.

Les prêtres du chamanisme européen moderne sont nommés des Sorciers, bien que le terme soit rarement employé comme titre.

Bouddhisme

Il reste très peu de pratiquants du bouddhisme indien et pour cause : tout s’est arrêté pour eux à l’impact et le bouddhisme dans les autres pays du monde a littéralement été effacé pendant la fin des temps. Il n’est réapparu à Gateway, en Californie, que vers le milieu du 22ème siècle, d’abord par petites communautés puis officiellement reconnu par UAO. Il ne reste plus réellement de véritable religion accolée au bouddhisme, seulement la philosophie générale du mouvement, qui reste relativement figée dans le temps. Ceci dit, en tant que mouvement philosophique, le bouddhisme s’adapte aux contraintes et évolutions de la société moderne, un peu comme le shintoïsme, et aime à rester discret. Le bouddhisme est localisé dans l’Empire de Chine, principalement.

Animisme aborigène & polynésien

On ne va pas trop s’étaler sur les concepts de ces croyances assez voisines. Il s’agit de polythéismes basés sur le modèle classique de l’animisme, qui considère qu’il y a une vie spirituelle dans toute chose et qu’il faut donc veiller à intercéder avec les esprits avant d’exploiter la nature, et exploiter cette dernière avec raison et parcimonie. Dans tous les cas, la notion de nature spirituelle du monde, qui inclue ancêtres, esprit des lieux et des animaux prédomine. Il faut vivre en harmonie avec le monde naturel, pour espérer vivre en harmonie et honorer ainsi les nombreux dieux ; la notion de rêve, c’est à dire de monde spirituel qui est une création rêvée et qui donne naissance au réel, rêvé lui aussi, est très importante… et compliqué pour les non-initiés. Un trait particulier des animismes aborigènes et polynésien est la prédominance de la filiation clanique : nul n’est un individu isolé, mais la résultante de tous ses ancêtres remontant à un ancêtre mythique commun, fondateur du clan. Ainsi, l’unité familiale élargie est-elle primordiale, comme la solidarité dans le clan. La notion de bien et de mal n’existent pas réellement ; ces derniers n’existent que dans le respect ou la trahison des valeurs sacrées de la vie.  Ces deux animismes sont, sans surprise, dénués de véritable hiérarchie et ne sont pas très structurés, mais possèdent des organisations représentatives influentes et prospères.

Les autres religions

On peut compter parmi les autres religions encore actives le Judaïsme, qui n’a pas beaucoup changé depuis le 21ème siècle, mais qui n’a plus de terre sacré depuis la disparition d’Israël. Pour ses adeptes, le nouvel espoir se situe dans l’espace ; ils militent pour l’ouverture à la colonisation civile de Koie et seraient prêts, dit-on, à financer un vaisseau pour cela en faisant fi des risques évidents. Le Sikhisme est réapparu en Amérique du nord, du côté de l’Union du Québec et s’est implanté en Californie ; ses principes modernes sont fort proches des concepts de l’Universalisme, même si les sikhs sont plutôt austères et isolationnistes. Le Zoroastrisme est une particularité du Moyen-Orient que l’on retrouve au Liban mais aussi en Europe ; elle est assez célèbre pour plusieurs groupes de Schattenjägers très actifs qui se réclament de cette foi très manichéiste. Et enfin, rendus célèbres pour avoir en partie fondé la ville lunienne de Babylon-Keysha, il y a les discrets et austères Amishs, pas si réfractaires à la technologie qu’on veut le croire ; ils ont survécu à la Fin des Temps et sont honorés par la nation des UAO pour leur aide durant le 21ème siècle.

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