Mars en 2202

Premier article du chapitre de Futur Immédiat consacré à décrire en détail le système solaire, c’est aussi le premier article écrit de la seule plume de Sébastien Louchart, un des trois co-auteurs de Futur Immédiat. S’il aime à causer science et prospective, en général c’est moi qui me tape la rédaction finale et je suis ravie qu’il ait décidé de se lancer lui-même ! Bonne lecture et bonne visite de Mars, la désenchantée !

Données physiques

Diamètre 0.5T, masse 0.1T, gravité 0.38g, vitesse de libération 5 km/s, jour sidéral 24,6h pression moyenne 0.6hPa, température moyenne -63°C, Habitabilité (PHI) 2,66. Population : 10000 (surface), 4000 (Phobos), 1500 (Deimos).

Présentation

Soyons clairs, les rêves de terraformation et le romantisme associé à Mars dans les œuvres de fiction des XX-XXIèmes siècles ne correspondent absolument à la réalité du XXIIIème siècle. Mars n’abrite que quelques stations de recherche semi-permanentes et une base d’entraînement militaire sous l’égide de l’UNE. L’essentiel de l’intérêt de Mars provient des bases orbitales construites sur (ou plutôt dans) ses satellites naturels, Phobos et Deimos.

Deimos abrite la « station-service » du système martien, le spatioport et quasiment tous les équipements civils d’astro-ingénierie. Sa population n’est pas permanente, les équipes du spatioport et les techniciens effectuant des rotations de 3 semaines.

Phobos est la base de peuplement principale du système. Elle est essentiellement peuplée de voyageurs en transit entre la Terre et la Ceinture et d’équipages de StarForce qui rejoignent leurs bâtiments dans le système jovien. Phobos abrite également le centre de recherche en aréobiologie qui organise les missions semi-permanentes d’étude de la vie microbiologie vestigielle à la surface de la planète.

Donc en bref, si on veut voir du monde dans la système martien, Phobos est the place to be.

La surface de la planète n’abrite que les installations permanentes du centre d’aguerrissement en gravité réduite et en atmosphère raréfiée (le CATGAR, le Centre d’Aguerrissement tactique en Gravité et Atmosphère Réduites), une base militaire qui accueille les novices des unités de StarForce afin de les former à l’utilisation des PBS et des MBS. Il s’agit de la plus grande base planétaire hors-sol. L’installation de surface principale nommée Fort Nirgal est construite à la base d’Olympus Mons. D’autres bases secondaires parsèment la montagne dont Camp Pangboche situé près de son sommet et permettant l’entraînement dans des conditions atmosphériques quasi-spatiales. Mais l’installation la plus spectaculaire est la Base Arès creusée au sein même d’Olympus Mons sur quelques 90 niveaux protégeant leurs personnels de StarForce et les quelques civils de la planète en cas de tempête violente ou d’éruption coronale solaire de forte ampleur.

L’exploration de la surface martienne initiée au XXème se poursuit et reste essentiellement robotisée. La plupart des missions sont autonomes et supervisées par les IA du centre d’études martiennes de Phobos.

Mars présente un intérêt important de l’industrie du divertissement car il s’agit du meilleur spot du système solaire pour le trek et le vol libre en réalité augmentée.

Les Ten Stars n’ont que quelques installations sur Phobos et soit semblent pour la plupart se désintéresser de la question martienne soit considèrent que l’exploitation de Mars est secondaire et la laissent à des filiales spécialisées. Le nom de l’un des Consortiums des Ten Stars, Martian Mining est justement un pied-de-nez au fait que la prospection minière sur Mars n’a tenu aucune de ses promesses.

Visiter Mars.

Si les escales à Deimos sont monnaie courante, celles à Phobos sont plus rares et ne concernent souvent que les équipages en transit qui attendent une bonne conjonction Mars-Terre ou Mars-Jupiter pour continuer leur voyage. Néanmoins, on trouve de tout sur Phobos, des équipes de recherche officielles ou privées aux bandes de Marines de StarForce en bordée en passant par le personnel technique des spatioports.

Visiter la planète elle-même est encore beaucoup plus rare. Pour deux raisons. La première est que la surface de Mars n’a aucun intérêt sauf si on est un exobiologiste ou un Marine de Starforce. La seule exception sont les professionnels des sports extrêmes recrutés par des entreprises privées de divertissement pour offrir des spectacles de vol libre entre les parois de Valles Marineris, de trek de survie sur Pavonis Mons ou de courses d’orientation dans Chryse Planitia. La plus importante de ces officines est Kasei Entertainment qui possède son propre camp de base semi-permanent dans Valles Marineris.

La seconde raison tient au danger de se lancer vers la surface depuis l’orbite. L’atmosphère martienne est très peu dense mais très turbulente avec des vents d’altitude pouvant atteindre les 700 km/h. Leurs effets de cisaillement sont capables de modifier la trajectoire de n’importe quel engin tentant de ralentir afin de se poser ou essayent de s’extraire du puits de gravité pour atteindre l’orbite. Le seul moyen sûr de transiter entre la surface et Phobos est d’utiliser la Vrille de Pangboche sur Olympus Mons qui, au point le plus haut de Mars tutoie la zone où l’atmosphère cède le pas à l’espace.

La vie sur Mars

Longtemps sujette à caution, l’hypothèse de la vie sur Mars a été résolue par la découverte d’analogues microbiologiques dans le régolithe martien au cours du XXIIIème siècle lorsque l’exploration systématique d’Acidalia Planitia a révélé la présence de ce qui ressemblait à des nodules de sulfure de fer dans des échantillons de sol. L’analyse révéla que l’intérieur de ces nodules contenait des molécules complexes similaires aux plus simples des métalloprotéines ainsi que des purines et des pyrimidines, indices de la dégradation de molécules plus complexes. L’exploration se poursuivant, une première forme de vie fut découverte, nommée aeroarchea metaliferens. Cet analogue des archées terrestres respire du perchlorate de fer et réduit les sulfates présents dans son environnement. Cet organisme surprenant possède une biochimie basée sur des bases azotées comme support de l’hérédité (comme les nucléotides des organismes terrestres) mais organisées dans des matrices métalloprotéiques. Le sulfure de fer qu’elles excrètent forment les nodules observés lors de la découverte initiale.

Un autre organisme fut identifié quelques années après que les missions d’exobiologie en surface devinrent routinières : aeroarchea ferrocupidis acidalianis. Cet organisme possède la même structure que le précédent mais « respire » l’oxyde de fer et le peroxyde d’hydrogène présents dans le régolithe en les réduisant grâce à l’énergie procurée par le gradient de température existant entre les couches profondes du régolithe martien et la couche la plus proche de la surface.

Ces deux espèces d’archéobactéries martiennes survivent là où les concentrations en perchlorates du sol martien sont les plus élevées permettant ainsi d’abaisser le point de congélation de l’eau. Ces deux formes de vie surpassent les bactéries les plus polyextrêmophiles de la biosphère terrestre. Pour l’instant on ignore si les aéroarchées peuvent survivre sur Terre, un arrêt de l’UNE interdisant leur exportation depuis Mars, raison pour laquelle toutes les recherches se font au sol.

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