Les supports d’enregistrement du 23ème siècle

On ne va pas trop s’attarder sur la technologie du support d’information au 23ème siècle. Disons que, comme pour d’autres sujets, on tient à expliquer ce que c’est, mais entrer dans le détail n’est pas très important en soit : après tout, est-ce que vous tenez vraiment à connaitre la physique derrière vos clefs USB et vos SSD ? Tant que vous savez comment on s’en sert, c’est suffisant. Là, c’est la même chose, mais au moins vous saurez comment cela fonctionne.

Pour en savoir plus, voyez avec ce chapitre sur l’équipement : https://futurimmediat.psychee.org/2021/10/22/interfaces-nanos-terminaux/

Les clefs SDNA et les Databank

Aux débuts du 22ème siècle, à peu près tous les labos du monde se lancèrent dans une course après le Graal du stockage d’information, l’encodage et le décodage fin de l’ADN. La technique avait été expérimentée dès le 21ème siècle, mais l’Impact et la Fin des Temps n’en ont rien laissé ; il a fallu tout reprendre à zéro à la fin du 21ème siècle, pour se rendre compte que c’était vraiment compliqué. Quand les premiers essais valides furent réalisés, il fallait plus de 24 heures pour encoder un Kbit de données… et presque autant pour le décoder et donc le lire ; et on ne parle même pas du coût !

C’est à partir de 2130 que la révolution vint des laboratoires de Biological, premiers à parvenir à encoder rapidement et à coût réduit de l’information en chaine ADN. Il ne fallut pas dix ans pour que tous les grands laboratoires parviennent à industrialiser et commercialiser le processus et le premier disque dur SDNA fut accessible au grand public en 2139.

Un support de stockage de données SDNA (ADN synthétique), c’est en gros quelques millions de fois supérieur à un stockage de disque dur semi-conducteur (les SSD) et c’est de l’ADN synthétique qui peut être encodé un grand nombre de fois (puce SDNA) ou prévu pour une très longue durée de vie à l’abri des altérations de l’environnement (Databank). L’ADN employé est toujours une molécule très longue et complexe qui peut engranger énormément de données, mais qui est synthétique : c’est en fait un ANT (acide nucléique à thréose, une autre molécule codante) et malgré une certaine fragilité, cela reste notoirement stable dans le temps, surtout bien isolé dans une Databank.

Les usages de l’ADN en informatique

Il y en a trois principaux :

Les Biochips : une biochips est un processeur doté de neurones artificiels et d’ADN synthétiques sur un support de graphane. L’alimentation de ces biochips inclue donc aussi une fourniture en glucide pour la partie biologique, fournie par des convertisseurs éléctrosynthétiques. Une Biochips est donc vivante, son processeur étant une version synthétique du fonctionnement d’un petit noyau cérébral qui peut décoder en encoder des données stockées sur de l’ADN.

Les cartes SDNA : souvent surnommées les puces, c’est un support de mémoire basé sur de l’ADN synthétique. Les cartes SDNA sont de différent format de stockage et sont réinscriptibles un grand nombre de fois, mais sont fragiles. Ce sont les supports de mémoire les plus courants. Une puce SDNA a en général la taille d’un ongle de pouce, mais peut être bien plus petite, comme la puce d’un Interface, à peine plus grosse qu’un grain de maïs. Les puces SDNA n’ont pas besoin de supporte de vie ni d’électricité, sauf pour encoder ou décoder ; par contre, elles ont une durée de vie de dix à vingt d’années dans les meilleures conditions, une durée qui peut descendre à quelques mois, voire semaines, dans un environnement hostile, que ce soit une jungle humide ou le milieu spatial.

Les Databank : c’est la même base de support ADN synthétique, vitrifié dans un bloc d’alliages de graphanes cristallins qui protège efficacement et durablement les données. Les Databank peuvent contenir une masse énorme de données et tenir le coup pendant plusieurs générations – les constructeurs disent des siècles – et encore plus longtemps logés dans des datacenters à basse température. Ceci dit, même une databank grand public est plutôt cher ; les databanks sont en règle général réservés comme disques internes et externes pour les terminaux, la conservation de données sensibles et l’archivage. Les databanks sont plutôt volumineux, du genre : très gros disque dur ; ils ont d’ailleurs des poignées pour les transporter et pèsent de 2 à 8 kilos. À noter que si on peut enregistrer très vite des données sur une carte SDNA, l’encodage sur un Databank est notoirement plus long.

Les autres supports

Au 23ème siècle, il y a des choses qui n’ont pas disparus, contre toute attente, même s’il s’agit souvent plus de nostalgie que d’usages utilitaires. Un exemple, c’est le disque analogique, ou encore numérique (le bon vieux CD). Ces deux technologies, facile à lire et à créer pourvu d’avoir les lecteurs, ce qui n’est pas si difficile à concevoir sont considérées un peu comme une sorte de luxe sophistiqué. Ceci dit, la composition des disques analogiques et numériques a changé, augmentant leur prix, mais aussi leur durée de vie et leur solidité, à tel point que les utilisateurs de ces supports considèrent plus sûr cette forme de conservation de données face au temps long.

Mais bon, c’est à la base un snobisme, qui a généré une mode avec son propre marché, sa clientèle, ses collectionneurs et qui est relativement accessible. Ceci dit, il est connu que cette technique a été employée pour créer des bunkers mémoriels à destination de civilisations futures. Pas sûr que cela fonctionne ou que qui que ce soit un jour lointain saurait lire ces disques, mais au moins, il y a toutes les chances qu’ils puissent survivre à des dizaines et des dizaines de milliers d’années.

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