Le système monétaire du 23ème siècle

Note : modifié le 13/12/2018.  J’espère ne pas filer trop d’apoplexies aux économistes qui me lisent ; si besoin, avant de mourir, n’hésitez pas à m’écrire pour proposer des idées, des ajustements etc…

Vers les années 2080, en même temps que la fondation de l’UNE, il est apparu qu’il fallait revoir le système monétaire mondial, explosé comme le reste de la Terre après la Fin des Temps et la décision fut prise de revenir à une convertibilité de la monnaie en une valeur matérielle servant d’étalon, comme l’était l’or. Le choix se porta sur une autre unité, le minerai de thorium, qui fut encore révisée vers 2120. Si au départ, la valeur-étalon restait ce carburant si vital qu’on peut parler d’une civilisation du thorium pour les années 2060 à 2110, celui-ci devint presque obsolète à l’irruption des piles Shipstone (voir plus bas).

L’UNE décida alors de créer une Union Monétaire Mondiale (le WMU) et d’établir un calcul sur un étalon qui ne pourrait en rien devenir obsolète ou inadapté : l’équivalent en thorium nécessaire à la production d’un mégawatt-hr, qui devint rapidement la norme du coût d’un megawatt-hr produit par quelque moyen que ce soit indexé sur cette valeur-étalon. Il fait donc fluctuer le prix de l’énergie en fonction des besoins et tous les prix sont indexés sur ce qui reste comme la ressource la plus vitale de l’humanité. La pile Shipstone, unité de stockage par excellence au 23ème siècle, n’a elle-même pas un prix fixe : elle est parfois employée comme monnaie, ceci étant d’autant plus marquant que Shipstones Industries limite et contrôle soigneusement le nombre de piles qu’il mets en circulation.

Il est à noter que la réserve employée par les états émetteurs de monnaie ne concerne pas l’énergie elle-même, mais soit sa capacité stockée, soit sa capacité de production. Si le WMU joue le rôle d’organisation de coopération monétaire internationale pour assurer la stabilité du système monétaire mondiale, il ne crée pas de monnaie, ce qui est à la charge des banques centrales des états. Celles-ci ont comme garantie la convertibilité de leur monnaie en équivalent mégawatt-hr de capacité de stockage ou de production. Les banques privées ont quant à elle une influence sur le cours de la monnaie en ayant possibilité de fournir des prêts à intérêt, mais en étant soumises à des ratios imposés, directement lié aux participations financières qu’elles détiennent dans des entreprises de production et stockage de l’énergie. Cela n’empêche pas nombre de monnaies de ne pas être convertibles, puisque certaines banques centrales n’ont pas de réserve ou de participations suffisantes pour l’assurer. C’est le cas, par exemple, du Dollar de Chicago.

La devise qui domine les marchés bancaires est la Couronne australienne ( C ), qui est directement indexée sur le mégawatt-hr ; l’Australie assure la valeur de sa monnaie par sa formidable réserve électrique, supérieur à celle de l’Union Africaine. Une autre devise très répandue est le Yuan impérial, monnaie officielle de la Confédération Impériale de Chine : qui est indexée sur le coût de stockage d’informations d’un déciMEM (lui-même en rapport avec le mégawatt-hr). Le Yuan est particulièrement employé pour les transactions sécurisées et les paiements automatisés ; c’est la seconde monnaie destinée à tout ce qui concerne les grands échanges bancaires.

L’argent sous forme matérielle n’a pas disparu. Il a plutôt largement réapparu. Avec la crainte des crashs technologiques et la méfiance à la techno-dépendance, tout le monde a pris habitude d’avoir un moyen de paiement qui ne dépende d’aucun système numérique, des fois que… Rien de choquant de voir un employé demander son salaire en billets et pièces ou d’avoir des sous dans la poche en plus des moyens de paiement comme des cartes bancaires ou un lien Interface. A noter que certaines monnaies et matières précieuses sont devenues des valeurs-refuges répandues pour stocker de l’argent liquide : ainsi, à côté des billets, pièces de monnaie, on retrouve des pièces d’or et d’argent, on trouve aussi du platine ou encore de l’iridium et même du palladium. Le diamant, comme d’autres pierres précieuses, n’a plus aucune valeur monétaire, puisqu’il est très aisé de le produire artificiellement, au point qu’un presse-papier en diamant n’est pas plus onéreux qu’un cadeau festif.

La caractéristique générale du système monétaire du 23ème siècle est qu’elle est synchronisée à un étalon fixe, en l’occurrence le mégawatt-hr. Cela veut dire que les banques privées ou d’états ne peuvent créer ou générer de monnaie virtuelle sans disposer des réserves d’énergie qui y correspondent. Celles-ci ne sont pas forcément sous la forme de piles Shipstone, mais peuvent prendre la forme de fermes solaires, éoliennes ou hydroliennes, de centrales énergétiques, de réserves de thorium ou d’uranium, etc… Le pétrole, le gaz ou le charbon ne sont pas reconnus comme réserves, puisque leur exploitation à but énergétique est strictement interdit –et en fait, personne n’aurait une idée aussi saugrenue que de s’en servir. Un tel système freine notoirement la spéculation sur la monnaie autant qu’il limite l’influence sur la finance des banques privées. Elles en ont quand même beaucoup, mais cela assure une stabilité relative aux cours des monnaies et donc des échanges boursiers.

La Pile Shipstone

La pile Shipstone, du nom de son inventeur Nathaniel Shipstone, ne crée pas de l’énergie : elle permet juste d’en stocker avec une efficacité prodigieuse. L’équivalent en taille d’une petite pile R2 permet d’alimenter toute une maison pendant un an à un coût de quelques dizaines de Couronnes, ce qui représente environ 6 MW-hr pour un coût moyen de 20 C. Mais personne ne sait comment elle fonctionne, ni sa composition exacte, en dehors d’alliages spéciaux de graphane, de palladium, de thorium et d’autres éléments rares ; elle a été apparemment conçue pour être détruite à toute tentative de la démonter pour l’examiner et même ce procédé est toujours incompris. La pile Shipstone peut être rechargée des centaines de fois et ce rechargement peut être effectué librement si on a une installation de génération d’éléctricité, ou par le fournisseur de la pile, moyennant un abonnement annuel modique. La pile Shipstone est si efficace dans sa conception et son exploitation qu’elle domine totalement le secteur de l’énergie, Shipstone Industries ayant dû céder les droits de rechargement libre pour éviter un monopole absolu sur l’énergie dans le monde. Il est à noter que jamais Nathaniel Shipstone n’a déposé de brevet sur la pile elle-même : c’est simplement inutile, car personne n’est encore parvenu à en percer le secret.

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