Criminalité, justice & lois, partie 3

On arrive bientôt à la fin… voici donc la troisième partie de cet important chapitre de Singularités : les procédures de police au 23ème siècle. On y parle pas spécifiquement des Schattenjägers, qui feront l’objet d’un chapitre à part, mais on y parle de comment agissent et procèdent les enquêteurs et les forces de police. Et la suite et fin ce sera pour le système pénal au 23ème siècle !

Si vous avez raté les deux dernières partie, elles sont ici :

https://futurimmediat.psychee.org/2022/01/12/criminalite-justice-lois-partie-1/

https://futurimmediat.psychee.org/2022/01/18/criminalite-justice-lois-partie-2/

3- Les procédures de police

Là encore, concernant ce sujet, on va le décrire du point de vue des enquêteurs appartenant à des forces de police chargés de mener des investigations. La grande différence, dès lors, entre enquêteurs privés et enquêteurs mandatés par l’état, c’est plus encore qu’une question de moyens, une question de droits et d’usage de la force publique. Avec un mandat et un badge de police, on obtient beaucoup de choses, à commencer par une autorité inaccessible à un enquêteur privé.

La procédure pénale, dans son ensemble, c’est un peu tout ce qui se passe dans l’intervention des autorités de l’état, depuis le début de la plainte d’une victime, la dénonciation ou la constatation d’une infraction jusqu’à la décision judiciaire définitive. La procédure de police, c’est toute la partie qui concerne l’enquête à partir du moment où la plainte est déposée ou les faits constatés, jusqu’à ce que le procès soit instruit. Et donc, en ce qui concerne les Schattenjägers, c’est bien de la procédure de police et de son évolution au 23ème siècle que nous allons parler.

Les enquêtes des Schattenjägers et leurs spécificités seront abordés directement dans le chapitre consacré aux Schattenjägers eux-mêmes, qui vous sera plus accessible après avoir lu le présent chapitre.

La surveillance

Pour les gens qui honnissent les systèmes de surveillance, tout en payant leurs achats avec une carte à puce, leur smartphone individuel, bourré de données personnelles et en permanence connecté, dans la poche, le 23ème siècle ne va pas vous plaire.

Dans les zones urbaines, des centre-ville aux périphéries, il y a des caméras, des micros et des drones autonomes partout, braqués sur les lieux publics, à l’affut des vols à la tire, des accidents de la route, des incidents de piétons, des agressions etc. Tous les magasins ont des caméras qui surveillent les espaces publics et c’est la même chose pour les parkings, les hall d’immeuble, les quais de gare et les tunnels. Enfin, quand ces systèmes ne sont pas vandalisés ou en panne, ce qui n’est pas si rare dans des quartiers peu sûrs ou mal entretenus.

Cependant, la surveillance généralisée, pour ce qui concerne le domaine public, n’est pas corrélée à une identification des individus, mais à la prévention des risques ; entre autres, il y a beaucoup de caméras équipés de senseurs audios et de vision nocturne qui surveillent les accès aux villes et leurs enceintes de sécurité pour repérer les intrusions de cryptides. Le reste de la surveillance publique est là pour avertir qu’un trouble à l’ordre public ou un incident mettant des personnes en danger est en cours. Bien sûr, dans les magasins et autres espaces privés fréquentés par un public, il s’agit aussi bien d’assurer la sécurité que repérer les vols.

Mais dans tous les cas, et ce pour au moins toutes les nations de l’UNE, cette surveillance n’autorise pas la reconnaissance des individus en direct, sauf sur mandat judiciaire. La seule exception admise est celle des employés d’une entreprise au sein de cette entreprise : souriez, vous êtes surveillés, mais seulement dans les lieux de travail, jamais dans les zones privées et de repos.

Ceci dit, quand on parle de surveillance généralisée, il faut comprendre que la puissance d’analyse des systèmes experts ou mieux, des IA qui analysent ces données de surveillance est telle qu’elles peuvent identifier n’importe qui pour peu que son visage, sa morphologie, sa voix ou sa démarche aient déjà été identifiés, et ce en quelques minutes, voire en temps réel pour les systèmes d’analyse des agences fédérales. Comme à peu près tout le monde a une photo ou une vidéo de lui quelque part sur la Trame, et que les services de polices conservent ces empreintes d’identification après inculpation, l’identification est très efficace et sûre.

Les Interfaces de police

Au sujet de la capacité de surveillance et d’identification individuelle au 23ème siècle, tous les agents de polices sont équipés, via leur Interface et des lunettes ou lentilles de réalité virtuel, dotés de caméras (ou encore d’un simple nano), d’un accès à une identification individuelle en direct. Celle-ci enregistre et envoie un rapport sur toute demande d’identification, ce qui limite les abus de cette technologie. Le policier n’est sensé s’en servir que dans le cadre de son exercice de maintien de l’ordre et uniquement en intervention justifiée.

Bien sûr, on retrouve cet équipement dans toutes les forces de police, y compris l’UNADP, avec le même degré de sécurité, parfois même contrôlé en direct par les IA qui fournissent la reconnaissance, capables de décider de refuser la demander ou l’accès au système en cas de suspicion d’abus, le temps de vérifier la situation pour un superviseur.

La même technologie existe dans le privé, mais elle est d’accès limité et exige des licences spécifiques d’utilisation ; en gros, elle n’est pas censée être mise entre toutes les mains. Ceci dit, quand on parle d’abus, des gouvernements oppressifs ne se gênent pas avec ça, tout comme certains Consortiums.

Les drones de sécurité civile

Comme on l’a dit plus haut, les drones de surveillance font partie du système de surveillance généralisée des milieux urbains. Les drones sont ceux déployés dans les lieux les plus sensibles. Comme pour le reste de ces systèmes, ils n’identifient pas les gens, ils détectent les incidents qui demandent l’intervention immédiate des forces de l’ordre ou des secours. On ne les voit pas forcément beaucoup ; non qu’ils soient petits, mais ils volètent en général à une vingtaine de mètres du sol, filmant et enregistrant avec des caméras grand angle et des micros sensibles.

Les informations prélevées sont analysées en direct par des IA de sécurité civile et de police qui déterminent la nature et l’origine de l’incident et se chargent de prévenir et guider les services concernés. Les drones, de type flybot, sont pilotés par de petits systèmes experts autonomes intégrés, relié aux IA, qui peuvent ainsi prendre la main et envoyer les drones surveiller une zone précise en cas d’alerte. Les flybots volent, silencieusement jour et nuit, n’allant se poser que pour recharger leurs batteries.

La scène de crime

La scène de crime, qu’on appelle aussi scène d’infraction, c’est le lieu où a été commis un délit, un crime, ou la scène d’un accident, et l’état de ce lieu, c’est-à-dire l’état de tout ce que les enquêteurs vont trouver en y arrivant.

Une scène de crime doit donc être identifiée, ce qui n’est pas forcément si aisée, puis définie, pour en interdire tout accès au public. On la délimite alors avec des rubans de police d’un beau jaune, parfaitement identifiables et des scellés de police. Quant à tout ce qui se trouve à l’intérieur, il va falloir le laisser tel quel, et, si possible, le filmer, en préservant toute la scène intacte.

C’est ensuite qu’interviennent les techniciens de la police scientifique et, non, ils ne se contentent pas de gants en latex pour venir prélever les indices et tout enregistrer : tenue blanche stérile, gants, masque, spiderbots de relevés d’indices, la totale est déployée pour s’assurer de ne pas contaminer la scène pendant le relevé des indices. Ceux-ci comportent les empreintes, les relevés biologiques, les traces, etc. En cas d’un mort sur la scène, celui-ci est spécialement traité par un médecin légiste en collaboration avec les techniciens de la scène de crime.

Forcément, ça, c’est dans l’idéal… mais souvent, sur une scène de crime, s’il y a eu intervention de pompiers, de secouristes, de voisins venus à l’aide, la scène aura forcément été contaminée, voire franchement abimée. Même les agents de police peuvent avoir été maladroits, même si c’est rare : ils sont formés aux procédures de préservation de la scène. Bref, les techniciens de la police scientifique font ce qu’ils peuvent pour sauver et répertorier un maximum de choses, qui seront analysées en laboratoire de forensique.

La photogrammétrie de police

Pour sauver au maximum la scène de crime au plus tôt, les enquêteurs de police emploient donc la photogrammétrie en réalité virtuelle : il suffit de trois petits drones dotés de caméras grand angles, filmant la scène sous tous les angles, pour la sauver et la restituer dans un espace virtuel sur la Trame, en holographie ou en réalité augmentée en temps réel. Une technique qui d’ailleurs est aussi valable en utilisant les sources vidéos des systèmes de surveillance.

Avec une résolution suffisante, la scène peut être alors réexaminée en couleurs à un niveau de détail qui peut concurrencer une loupe et même préserver certaines empreintes bien marquées. Bon, ce n’est pas un matos qu’on trouve dans tous les poches de tous les agents de police. C’est plutôt du domaine des enquêtes criminelles et des accidents graves, mais c’est un équipement plutôt courant chez les agents de l’UNADP.

Les spiderbots de relevés d’indices

Les spiderbots sont de petits bijoux technologiques, employés pour se faufiler partout, dotés de six pattes à crampons à adhérence VW et de senseurs sophistiqués.

Les spiderbots de relevés d’indice sont simplement des spiderbots dotés de fines pinces manipulatrices, de tampons de relevés, de caméras très sensibles et de containers pour recueillir les indices. Autonomes, pilotés par un système expert T1 et guidés à distance par un opérateur T3 dédié à cette tâche, les spidersbots crapahutent sur la scène de crime et recherchent et prélèvent tous les objets de petite taille qui semblent biologiques (un cil, une peau morte, une goutte de salive, etc.) ou encore ceux qui interpellent leur curiosité, programmée à réagir à ce qui n’est pas conforme à leur environnement (genre un petit bout de tissu bleu, sur un parquet ou un tapis rouge).

Si les spiderbots ne sont pas très intelligents individuellement, ils sont bien assez efficaces et malins en groupe, guidés par leur T3, pour ratisser à plusieurs une scène de crime sans rien oublier de prélever, photographiant et notant chaque indice prélevé sur le plan de scène, pendant que les techniciens peuvent se concentrer sur tout le reste, y compris ce qui échapperait aux spiderbots eux-mêmes. Les spiderbots sont des équipements spécialisés, chers et réservés aux techniciens de police scientifique ; il est très rare de les trouver dans d’autres cadres.

La forensique

La forensique est appelée aussi analyse scientifique de cas – oui, ça ne va pas vous aider – et regroupe l’ensemble des méthodes d’analyse d’investigation fondées sur les sciences : chimie, biologie, neurosciences, génétique, imagerie, informatique, statistiques, etc. La forensique, c’est donc l’ensemble des sciences criminelles de la police scientifique, y compris la médecine légale, le comportementalisme psychiatrique ou des choses moins enthousiasmantes comme la comptabilité judiciaire.

Donc, les acteurs de la forensique ne sont pas que des techniciens de police scientifique ; ce sont aussi des financiers, des architectes, des informaticiens, des médecins, des anthropologistes, des entomologistes, des dentistes, des agents des renseignements ou encore des criminologues-analystes. Le tout regroupe donc un ensemble de compétences toutes tournées vers l’investigation criminelle. Certains de ces intervenants sont membres des forces de police, d’autre sont des prestataires extérieurs mandatés, sans oublier des équipes de renseignement travaillant pour la sécurité d’une nation ou des consultants occasionnels.

Ceci étant dit, les Schattenjägers auront bien plus souvent affaire aux laboratoires forensiques de la police scientifique qu’à autre chose. C’est là que l’on analyse les traces, qu’on identifie les empreintes, les ADN, les prélèvements biologiques, ou encore qu’on identifie les impacts, coups, armes et munitions qu’on a pu prélever et qu’on reconstitue la scène de crime ou ses détails afin de pouvoir apporter des réponses aux enquêteurs.

C’est un domaine qui comporte énormément de systèmes experts et d’IA. Pour résumer, tout ce qui concerne la manipulation, la gestion, l’administration et la sécurisation est informatisé et robotisé, y compris le nettoyage et la stérilisation. Robots et IA sont donc des assistants efficaces, mais aussi des moyens de simplifier et automatiser certaines analyses et recherches, sans oublier que les IA sont autrement plus efficaces pour tout ce qui concerne les procédures de comparaison et d’identification. Mais l’humain reste essentiel, autant parce qu’il est forcément plus versatile en tout point qu’un robot, que parce qu’il est là pour vérifier, valider et interpréter les résultats, plus efficacement que la plupart des IA.

Contrairement aux séries télés, chaque technicien est spécialisé sort rarement de son domaine de compétences. Le chimiste ne va pas aller prélever des empreintes et l’informaticien qui analyse les contenus des nanos et des interfaces n’y connait rien du tout en analyse de scène de crime. Les enquêteurs aux connaissances forensiques multidisciplinaires – il y en a – sont en général des enquêteurs de police, avec des liens privilégiés par leurs compétences aux laboratoires de police scientifique, mais ils n’y travaillent pas. Un médecin légiste, il n’y a que dans les séries qu’il sort de son labo pour aller enquêter.

Ce qui n’empêche pas d’imaginer créer et jouer un enquêteur légiste, chimiste ou informaticien qui travaille normalement dans son labo, et en sors pour aller sur le terrain. Mais un tel personnage est atypique et reste un cas exceptionnel, c’est tout. Le plus courant sera un enquêteur qui a ce genre de compétences, bien utiles, et sûrement des influences et réseaux qui vont avec, mais qui ne bosse plus comme expert de forensique, mais enquêteur a plein temps.

L’empreinte ADN

Ça, vous connaissez bien, l’empreinte ADN, c’est le résultat d’une analyse génétique permettant d’identifier un individu, à partir d’une trace biologique (bulbe de cheveux, sang, salive, sécrétion vaginale, sperme). Cette technique est soumise à législation : on ne peut prélever de l’ADN que dans le cadre d’une affaire judiciaire et sous contrôle de la justice. Il existe des cas où une personne civile peut faire analyser son ADN pour plein de raisons, mais ces informations ne peuvent être accessibles que dans le même cadre pour une enquête judiciaire. Bref, on ne joue pas avec les empreintes ADN.

Une analyse génétique prend peu de temps : la procédure est automatisée et demande deux heures pour un résultat d’identification complet. Si cela prend plus de temps, c’est que les laboratoires concernés (labos privés assermentés ou labos de police scientifique) gèrent beaucoup de demandes ; mais en général, le résultat est livré en 24 heures, et en 6 heures en cas d’affaire très urgent et prioritaire. Les laboratoires de l’UNADP vont même plus vite que cela et peuvent fournir un résultat en 3 ou 4 heures en cas d’urgence.

Hormis identifier des gens, l’ADN analysé permet aussi de construire des profils d’identification, ce qui, là, demande plus de temps, de l’ordre d’une dizaine d’heures : cela fournit l’âge du sujet, son ethnie, sa taille, sa couleurs d’yeux et de cheveux. Des informations générales mais bien pratiques pour tenter de trouver un suspect ou identifier une victime.

Ne pas oublier que l’ADN concerne presque tous les êtres vivants, même les virus ; cela permets par exemple en comparant des ADN de mousses, de champignons, voire de virus, de vérifier la présence d’un individu dans un lieu et même de déterminer, par la dégradation de l’ADN, une estimation du temps passé depuis le prélèvement.

La reconstruction statistique comparée

La puissance des IA a permis une autre méthode pour retrouver et reconstruire des éléments de scène de crime détruits ou trop abimés. À partir d’un ou plusieurs fragments d’un objet, un logiciel analyse le fragment et ne compare à des banques de données pour reconstituer et reconstruire l’objet original au plus approchant, ce qui permets de le comparer aux autres indices de la scène de crime afin de pouvoir la reconstituer.

La reconstruction se fait bien sûr avec une nanoforge et permets même de retrouver les matériaux d’origine au plus approchant. C’est très puissant et permets de reconstituer toute une scène de crime complètement dévastée, jusqu’à pouvoir ressusciter une bombe et son détonateur, ce qui facilite beaucoup le travail d’investigation des enquêteurs.

Les interrogatoires

Les interrogatoires de témoins et de suspects sont soumis à pas mal de législations, dont la première concerne la durée et le droit de garde à vue pour les inculpés, qui d’ailleurs se nomme droit de mise en arrestation. Il faut justifier de cette mise en arrestation et elle nécessite forcément la présence d’un avocat qui assiste l’inculpé et tout interrogatoire doit être enregistré : donc, dans une salle d’interrogatoire, il y a des caméras et micros qui enregistrent tout, et pour les interrogatoires de témoin, l’interrogateur doit tout enregistrer avec un Interface ou un nano.

Interroger un inculpé sans présence d’un avocat est interdit, sauf s’il n’a spécifiquement pas fait la demande d’être assisté. Et beaucoup de choses sont interdites, à commencer par toute forme de torture, que ce soit la privation de nourriture ou d’eau, le non-respect de la dignité humaine (les cellules sales et insalubres, ça ne passe pas), les coups et blessures ou la menace directe. Il y a une tolérance, parce exemple sur les menaces de poursuites judiciaires et de conséquences légales, mais le cadre est assez strict. En théorie, pour résumer, on ne peut pas secouer un témoin ou un inculpé, jamais. En pratique, ce n’est pas toujours respecté et se faire interroger n’est jamais un moment agréable. Ceci dit, les dérapages sont rares et sévèrement réprimés.

Les interrogatoires, c’est donc une affaire de patience, d’observation, de ruse et… de technologie. Là encore, la puissance des IA fournit une bonne aide à l’analyse des déclarations des témoins et inculpés, afin de déterminer la véracité des propos. Dans certains cas, surtout dans les affaires où les preuves matérielles sont compliquées à réunir, comme des cas d’agression sexuelle ou de viol, on emploie même l’analyse de véracité par SIRM.

Les interrogatoires, c’est aussi une affaire de professionnels. Les analystes et les comportementalistes criminels sont des psychologues et psychiatres spécialisés dans les interrogatoires les plus ardus, qu’il s’agisse de terroristes, de tueurs et séries ou de tous ce qu’on décrit en général comme les monstres criminels. Ces spécialistes sont souvent des experts universitaires, ou des membres d’unités d’enquête fédérale spécialisée. L’UNADP a d’ailleurs un département d’analyse comportementale lié à l’académie de Talender Point et un autre à Gateway.

À noter, au sujet des interrogatoires que, si cela ne se fait par ailleurs que pour certaines polices fédérales, il est légalement interdit de mentir à un agent de l’UNADP, un délit qui peut mener à de sévères amendes, voir dans des cas graves, à une privation de liberté. Dans les faits, pas mal de gens mentent, hein, mais ils doivent le faire en connaissance de cause (les agents UNADP le rappellent bien) et à vrai dire, beaucoup s’abstiennent de faire la bourde.

L’analyse de témoignage par IA

Une IA convenablement entrainée et équipée dans ce but (caméras, micros, bases de données comparatives) est capable de capter, isoler et interpréter très efficacement les micro-expression et le métalangage humain, ce qui veut dire que qu’elle peut détecter aisément qui ment, quand il ment, et comment il ment. Il suffit d’une caméra, d’un micro et de laisser l’IA analyser les données en direct et fournir ses interprétations.

Et si l’IA est de haut niveau, elle peut même fournir une véritable analyse détaillée et contextuelle des mensonges détectés et de ses conclusions quant à ses propos et son témoignage à la manière d’un analyste spécialisé. Ceci dit, si une analyse simple fournissant une détection de mensonge assez efficace pour aider à une investigation ne demande que des systèmes T3 ou T4 et donc un matériel de police accessible, l’analyse poussée par une IA haut niveau, c’est autrement moins accessible et on ne va trouver ces équipements que dans des agences fédérales ou internationales très bien dotées, où ils sont très demandés, et pas toujours accessibles quand on veut.

Cela dit, l’analyse de témoignage par IA n’est pas considérée comme un élément de preuve fiable, ainsi, il n’est pas toujours recevable par un tribunal ; il existe en effet quelques moyens de tromper la meilleure machine et de créer un doute. Cette technique ne sert donc qu’à aider les enquêteurs dans leur investigation.

Le détecteur de mensonges SIRM

Le SIRM scanne les ondes cérébrales d’un sujet et peut les interpréter en lignes de code, en fonction d’une librairie de données comparatives enregistrées par le sujet. Donc, si on a la banque de données du sujet interrogé et un SIRM et que le sujet nomme l’image de poulet qu’il voit « banane », ses ondes cérébrales traduites disent : « il voit un poulet mais le nomme banane, alors qu’il sait que le mot employé est faux ».

Et donc, c’est un excellent détecteur de mensonges ! Beaucoup plus fiable que les détecteurs de stress du 21ème siècle qui pouvaient induire des quantités d’erreurs. Le SIRM ne dit pas ce que pense l’interrogé ; il peut juste dire avec une grande fiabilité que ce que dit le sujet n’est pas ce qu’il pense, ou que ses propos divergent de ses pensées, donc, qu’il y a plusieurs versions, et dans certains cas, clairement un mensonge.

Ceci dit, la détection de mensonge ne fonctionne que si le sujet dispose donc d’un scan SIRM récent (s’il possède un Interface, il en a forcément un), puis il faut calibrer le détecteur avec quelques questions et images-clefs, avant de lancer l’interrogatoire. Et c’est une procédure qui ne peut être que volontaire : le sujet doit demander, ou accepter, de passer au détecteur de mensonges.

Le détecteur de mensonge SIRM, couplé à l’analyse de témoignage assisté par IA, est d’ailleurs au cœur du système d’enquête pour les affaires de viol ou d’agression sexuelles où les indices matériels et preuves manquent. Ne reste alors que la parole des parties et des témoins, et pour ne pas avoir à relâcher des coupables par manque de preuve, la détection de mensonge et l’analyse de témoignage sont alors cruciaux.

Les perquisitions

La perquisition, c’est la recherche d’éléments de preuve d’une infraction, par des agents de polices, au domicile d’une personne physique, ou dans les locaux d’une personne morale.

Vous avez forcément vu dans toute série ou film présentant une enquête de police, la manière dont se passe une perquisition, chez un particulier, ou dans une entreprise. Il existe cependant deux formes de perquisitions : l’action en flagrance et l’action sur mandat de perquisition. Rapide explication sur la différente entre les deux :

L’action en flagrance est le fait d’entrer dans un domicile ou des locaux privés pour intervenir ou constater un flagrant délit en cours ; pas besoin de mandat pour défoncer une porte de garage qui abrite un labo de Logos et y arrêter les trafiquants en plein travail. L’avantage du principe même de flagrance est que, si un agent de police entend des bruits, ou aperçoit une scène lui faisant supposer, de bonne foi, qu’un délit ou crime est en cours, d’autant plus s’il peut supposer que l’intégrité physique ou morale d’une personne est directement menacée, il peut pénétrer dans les lieux pour intervenir. Ceci dit, il vaut mieux ne pas se planter, ou avoir de quoi couvrir ses arrières. Autre point, selon le principe d’obligation d’assistance à personne en danger, un civil qui voudrait faire pareil peut très bien intervenir, l’agent de police ne faisait que suivre le civil… et donc faire son boulot, sans aucun risque d’accusation de violation de propriété, même en cas d’erreur !

La perquisition en flagrance, c’est un peu ce qu’on appelle « l’intervention de police ». Elle peut avoir lieu sur n’importe quel espace public ou privé, pour peu qu’on soupçonne ou ait connaissance d’un flagrant délit. C’est une très efficace manière d’arrêter des suspects la main dans le sac ; après, il suffit de traiter la scène de crime. Pour des raisons d’assurance juridique et de sécurité, les perquisitions en flagrant délit doivent être filmés, chaque agent des forces de l’ordre étant équipé d’une caméra, sans compter quelques drones spiderbots et flybots de police qui suivent l’intervention. Ceci dit, ça, c’est la théorie. Si un policier est doté d’une caméra sur son uniforme qu’il doit activer en intervention, de même que les équipes d’interventions de type SWAT, c’est beaucoup moins le cas pour les enquêteurs les agents en civil. Il est possible d’être doté de lentilles-caméras par liaison Interface pour remplacer la caméra de police, ou encore de prendre le temps de déployer un flybot, mais, simplement, parfois, il n’y a simplement pas assez de temps pour cela.

La perquisition sur mandat a pour but d’aller fouiller une propriété pour y trouver des éléments de preuve permettant de faire avancer une enquête. Un mandat n’est pas délivré par un juge, mais par un procureur, qui doit motiver par écrit la raison de l’autorisation de perquisition, cette dernière devant être signifié au propriétaire de la propriété qui sera perquisitionnée. En général, le propriétaire ou un de ses représentants doit être là, et recevoir la copie du mandat en mains propres. Dans certains cas, en cas d’absence du propriétaire ou de ses représentants, un avocat commis d’office est mandaté comme témoin et reçoit le mandat, avant d’assister à la perquisition, afin de protéger les droits des personnes concernées, mais absentes. Une perquisition ne peut se faire que dans le strict cadre rédigé dans le mandat (qui précise ce qui va être perquisitionné et pourquoi) et elle doit être filmée.

À la différence d’une action en flagrance comme on l’explique plus haut, l’obligation de filmer ne souffre aucune exception. Aussi les enquêteurs viennent-ils en général avec au moins un technicien de police scientifique chargé de filmer, avec des spiderbots et des flybot ou même de simples caméras. Pour des agents fédéraux ou internationaux, certaines de ces perquisitions peuvent être simplement filmés via lentilles vidéos et relais Interface, mais la plupart prévoient un spiderbot ou, mieux, un flybot, qui les accompagne.

Les spiderbots -caméra

Les spiderbots-caméra sont munies de six pattes dotés de crampons, et d’un système de caméras, d’objectifs de micros et d’éclairages, dont le seul rôle est de suivre des humains pour enregistrer leurs faits et gestes. Ils sont complétement autonomes et pilotés par des T1, en général.

De petite taille (ils sont à peu près grands comme des assiettes à dessert et assez minces), ils peuvent grimper sur des parois sans mal, grâce à l’adhérence VW de leurs crampons, et se faufiler partout. Ils obéissent à des ordres simples, le plus souvent via une liaison Interface avec leurs contrôleurs ou par demande orale, mais sont capables d’interpréter ces ordres de manière assez efficace pour faire leur job, qui est de tout enregistrer, en ratant le moins de choses possibles. Les spiderbot-caméras sont relativement disponibles et courants, même si c’est classifié comme matériel de police. Certains modèles, blindés, dotés de camouflages optiques ou encore de taille plus réduite sont employés par les unités d’intervention de police pour assurer de la reconnaissance.

Les flybots-caméra

Un flybot, c’est un petit drone robotique volant et silencieux semblable aux drones de sécurité civile, mais en petit format, et encore plus silencieux.

La version civile sert au journalisme, la version de police, capable de se faufiler partout où un chat pourrait lui-même passer, accompagne les unités d’intervention pour des arrestations en flagrant délit ou permets des observations et reconnaissances en toute discrétion. Si les versions civiles sont pilotées par des T1 et guidés par un opérateur humain, les versions de polices sont, comme les drones de sécurité civile, guidés par des T3 et, pour les versions de reconnaissance, dotés de blindages et camouflages optiques.

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